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La mini-maison au Québec

Au Québec, la mini-maison prend progressivement sa place dans le marché immobilier.
Photo courtoisie JP Marquis / Minimaliste Au Québec, la mini-maison prend progressivement sa place dans le marché immobilier.

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Confort et commodités dans un espace restreint ? C’est possible grâce à la mini-maison. Portrait d’une habitation qui ne passe pas inaperçue malgré sa petite taille ! 

Le concept de mini-maison existe depuis longtemps dans le paysage québécois, mais ce terme n’était tout simplement pas employé à l’époque. « On peut remonter à la maison canadienne classique de 700 pieds carrés, comme les vieilles maisons en pierre ou en bois qu’on a encore au Québec », explique Guillaume Lessard, chargé de projet, recherche et développement chez Arpent, une firme d’urbanisme à but non lucratif. 

Ensuite, il y a la maison de vétérans, construite massivement dans la foulée de la Seconde Guerre mondiale et mesurant environ 650 pieds carrés. D’un point de vue architectural, les très petites maisons ne datent pas d’hier ! 

Mini-voisine américaine 

Le confort d’une maison traditionnelle, mais en petit format!
Photo courtoisie JP Marquis / Minimaliste
Le confort d’une maison traditionnelle, mais en petit format!

L’appellation de « mini-maison » provient de la crise financière de 2008 liée à l’effondrement du marché immobilier aux États-Unis, comme le souligne M. Lessard: « La crise a eu des répercussions ici également. À partir de ce moment-là, la mini-maison est devenue intéressante. » On était dans un marché où l’on construisait des résidences de plus en plus grosses, alors que la taille des ménages diminuait. Avec la bulle financière inhérente au marché hypothécaire américain, les gens n’avaient plus les moyens de se payer une grosse demeure. La mini-maison représentait une bonne façon de continuer d’avoir accès à la propriété, mais de manière plus abordable.  

Un petit pas à la fois... 

Au Québec, il y a un immense intérêt médiatique et les gens sont très curieux en ce qui concerne cet espace de vie rectangulaire d’environ 600 pieds carrés. « Mais ça ne s’est pas encore concrétisé comme aux États-Unis. On n’a pas encore vu ces maisons s’intégrer partout dans les villes », déplore M. Lessard. Il y a certains obstacles à surmonter : « Étant donné que tous les règlements de zonage incluent des superficies minimales pour les résidences, les mini-maisons ne peuvent pas les respecter », dit-il. Elles sont justement trop petites ! Toutefois, si les municipalités sont réticentes à changer leurs normes, il y a tout de même de l’espoir, car certaines sont plus permissives... 

Villages et camping 

Ils ne sont pas encore nombreux, mais les petits villages sont notamment plus réceptifs, car il y a très peu de coûts en infrastructures. « En général, le village ne couvre pas les aqueducs ni les égouts », signale M. Lessard. Les gens possèdent leur fosse septique et leur puits artésien. La municipalité n’a pas grand-chose à payer à part la route qui est souvent en terre... 

Dans les environs de Québec, on utilise les campings pour y établir ce genre d’habitation. Les gens doivent avoir une adresse permanente enregistrée quelque part ailleurs. Ensuite, rien ne les empêche de faire du camping dans leur mini-maison sur roues tout au long de l’année ! 

En coopérative ou dans votre cour 

Vous désirez vivre dans ce type de bâtiment, mais en coopérative d’habitation ? À Sherbrooke par exemple, on a développé un véritable site de mini-maisons. « Au lieu d’être un quartier privé, où chacun possède son lot, là-bas, tout le monde possède collectivement la coop », indique M. Lessard. Les gens ont leur propre maison, mais ils prennent soin de la coopérative tout en bénéficiant d’infrastructures collectives, comme une piscine ou un bâtiment communautaire. 

Une autre alternative est la mini-maison en fond de cour comme unité d’habitation accessoire. On a déjà notre maison principale et on ajoute cette deuxième propriété secondaire. Elle pourrait avoir une fonction intergénérationnelle en y faisant vivre Papi et Mamie ou vous pourriez la louer à des locataires inconnus. 

Changer les règles 

Cependant, dans la majorité des municipalités, il n’est pas autorisé d’avoir deux habitations sur un lot. Mais de plus en plus de villes considèrent changer leurs réglementations et certaines l’ont fait : « Mont-Saint-Hilaire l’autorise depuis 2017. Il faut qu’il y ait un lien familial entre les deux habitations. Et Laval est en train de modifier leurs règlementations », affirme M. Lessard.  

Gageons que d’autres municipalités emboiteront le pas à ce genre d’initiative. Après tout, avec la population vieillissante et la restriction de l’étalement urbain, la mini-maison deviendra une solution vraiment intéressante dans un avenir rapproché!