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4 choses que j'aurais voulu savoir avant de faire une session à l’étranger

4 choses que j'aurais voulu savoir avant de faire une session à l’étranger
Crédit montage: Marilyne Houde

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À ma deuxième année de bac, je me suis dit qu’une session à l’étranger m’amènerait un bagage d’expériences bénéfique pour ma carrière.

Je m’imaginais fouler le continent africain pendant quelques mois pour en revenir un intrépide reporter.

J’en suis plutôt ressorti un peu moins naïf, avec un paquet de bonnes histoires.

Mais voilà quelques mises en garde pour quiconque s’apprête à entreprendre un tel périple.

Ça se peut que t’aimes pas ça dès le début (pis c’est correct)

Avant de m’inscrire au programme de session à l’étranger, je pose quelques questions à un ami qui est déjà allé à l’université marocaine que je convoite.

– As-tu tripé? Est-ce que c’était si life changing que ça?

– Vraiment! Si t’as la chance, faut que tu le fasses! Tu vas capoter! me convainc-t-il.

Je complète l’interminable paperasse et attends ma réponse avec excitation. Quelques mois plus tard, c’est confirmé.

Je pourrai m’épanouir, entouré de paysages exotiques, gavé au thé à la menthe et bercé par la musique enivrante du Maroc!

J'ai abusé du selfie stick lors de mon ascension des dunes de Merzouga, aux portes du Sahara
François Breton-Champigny
J'ai abusé du selfie stick lors de mon ascension des dunes de Merzouga, aux portes du Sahara

Évidemment, ça ne se passe pas pantoute comme prévu.

Les premières semaines sont difficiles. M’adapter à une nouvelle culture et à une nouvelle ville sans connaître personne s’avère pas mal moins eat, pray, love que je l’imaginais.

De surcroît, trouver un appartement à un prix décent dans un «bon» quartier et emménager avec des inconnus sont de rudes épreuves à traverser.

Vue de mon voisinage à Rabat
François Breton-Champigny
Vue de mon voisinage à Rabat

La question existentielle «Qu’est-ce que je fais ici?» me passe par la tête des dizaines de fois par jour.

Après un bout, je me sens coupable de ne pas pleinement apprécier cette expérience supposément fantasmagorique.

J'en parle avec une de mes amies, elle aussi en échange en Europe. «Dude! Je me sens pareil!» m’avoue-t-elle.

Je m’aventure à en discuter avec mon cercle d’amis d’université et je me rends compte d’une chose: eux aussi se sentent comme ça!

J’ai donc arrêté de m'imposer la pression d'apprécier chaque seconde de mon échange. J’ai accepté que des fois, j’avais envie de prendre mes clics et mes claques et de retourner dans mon petit appart à Montréal sans regarder en arrière.

Et étrangement, j’ai vraiment commencé à profiter de mon expérience à partir de ce moment-là.

Coucher de soleil à Tanger
François Breton-Champigny
Coucher de soleil à Tanger

 

Tu vas t’ennuyer de chez toi à un moment donné

Même si tu vis le rêve et que tu tripes sur ton pays d’adoption, la nostalgie de ta patrie natale va se faire sentir tôt ou tard.

Tu saliveras en imaginant un bon repas traditionnel de ta mère alors qu’à la maison, tu roulais des yeux lorsqu’elle te préparait pour la énième fois un pâté chinois.

Mon premier repas marocain. On est loin du pâté chinois disons
François Breton-Champigny
Mon premier repas marocain. On est loin du pâté chinois disons

C’est bien de prendre conscience des choses que tu tiens pour acquises dans ton quotidien, mais il ne faut pas que la nostalgie prenne le contrôle sur ton expérience.

Tu vas voir, tu vas les retrouver plus vite que tu penses ton divan ultra-moelleux et ton spagat’ gratiné au P’tit Québec!

C’est pas parce que t’es ailleurs que tu ne dois pas te faire de budget

Ah le bonheur de convertir les prix des devises étrangères! Cet exercice fastidieux est peut-être chiant, mais il te permettra de respecter ton budget (parce que oui, même si tu es à des milliers de kilomètres de chez toi, c’est important d’en avoir un).

La vue de notre balcon à un hôtel situé au creux d'un oasis
François Breton-Champigny
La vue de notre balcon à un hôtel situé au creux d'un oasis

C’est sûr que les road trips improvisés en plein milieu de la semaine et les partys au vin cheap, ça peut être le fun.

Mais si tu n’y fais pas attention, tu retourneras chez toi avec plus de dettes que de souvenirs.

Négocie pour les prix, mais ne deviens pas fou avec ça

Avant de m’envoler pour le Maroc, on me crinque avec l’idée que je dois négocier les prix de TOUT ce que j’achète.

Du papier de toilette aux babouches décorées aux couleurs du pays, rien ne doit partir des étals au montant décidé par le marchand. «Hé hé, checke-moi bien!» rétorqué-je chaque fois que quelqu’un me donne cet avis.

En arrivant à l’aéroport, j’ai déjà le couteau entre les dents, prêt à défendre mon honneur de touriste expérimenté.

Je hèle un taxi, lui annonce mon «dernier prix» sans qu’il ait le temps de m’adresser la parole et sa réponse m’estomaque: «D’accord!»

Yeah! François: 1 Maroc: 0

Dans les jours qui suivent, je réalise, en parlant avec des locaux, qu’il y a certaines normes à respecter dans l’art de la négociation et que plusieurs choses ne se négocient pas.

De plus, certains commerçants n’aiment pas cette joute d’obstination et il vaut mieux y renoncer si on veut garder de bonnes relations avec eux.

Morale de cette histoire: ça peut être excitant et exotique, mais avant de monter sur tes grands chevaux et de t’embarquer dans une bataille verbale pour des oranges, informe-toi des codes de conduite de l’endroit où te trouves.

Tu t’éviteras des situations fâcheuses. 


Note du chef de porte-monnaie et réviseur de François : François a l’air de chialer sur sa session d’étude à l’étranger ici, mais sachez qu’il nous en parle au moins 2 fois par semaine au bureau. Il a vraiment eu du plaisir et n’arrête pas de nous achaler avec ses connaissances du Maroc. On vous encourage fortement d'aller étudier à l'étranger si vous le pouvez. 
 

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