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Casse-tête pour s’inscrire à l’école

Une famille de la Rive-Sud s’est butée aux boîtes vocales et rendez-vous tardifs pendant trois semaines.

Casse-tête pour s’inscrire à l’école
Photo Dominique Scali

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Trois enfants d’une famille de la Rive-Sud de Montréal ont patienté à la maison pendant trois semaines après la rentrée scolaire en raison d’un processus d’inscription digne des 12 travaux d’Astérix.

«Ma fille qui commence le secondaire est déjà stressée», dit Fatoumata Dia, 33 ans, rencontrée avec son conjoint et leurs enfants à leur domicile de l’arrondissement Saint-Hubert à Longueuil. 

Mme Dia essaie d’inscrire ses enfants à l’école depuis août, mais elle s’est butée à tant de boîtes vocales et de retards de réponse qu’ils ne pourront entrer en classe que lundi prochain. 

Ils auront donc manqué trois semaines d’école et elle craint que le retard soit ardu à rattraper. 

Francophones

Cette famille originaire du Mali s’est installée au Québec il y a neuf ans. Mme Dia est aujourd’hui citoyenne canadienne et deux de ses enfants sont nés ici. Ils ont toutefois passé quatre ans en Ontario, où les jeunes ont fréquenté une école francophone. 

«Ils ne parlent pas anglais. Mon fils ne voulait rien savoir d’aller en Ontario. Il a dit: “moi, je suis Québécois”», se souvient Souleymane Faye, 39 ans.  

Les parents ont décidé de revenir au Québec cet été. Ils n'ont su dans quel quartier qu'au début août. De plus, Mme Dia croyait que l’inscription des enfants ne prendrait que quelques jours, comme en Ontario.   

Mme Dia a donc commencé à laisser des messages à la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV) le 15 août. 

Mais le jour de la rentrée, le 29 août, elle n’avait toujours pas reçu le formulaire d’inscription, même après plusieurs relances téléphoniques. 

Le 3 septembre, elle s’est donc présentée au siège social de la CSMV. Elle a dû se rendre à deux endroits différents, car l'adresse dégotée sur le web n'était pas la bonne, raconte-t-elle.  

Sur place, on lui a fait remplir un formulaire par ordinateur en lui disant qu’elle recevrait une réponse dans les cinq jours ouvrables.  

«Mais comment c’est possible?», s’étonne Mme Dia, rappelant que l’école était alors déjà commencée. 

Pas d’ordinateur

Après cinq jours, elle n’avait eu aucun retour. «Au téléphone, une responsable m’a dit que c’est parce qu’elle n’avait pas d’ordinateur.»  

Ce n’est que le 11 septembre que Mme Dia a reçu une convocation de la CSMV pour évaluer les besoins des enfants, fixée à jeudi dernier, soit une semaine plus tard. 

Ce rendez-vous était nécessaire pour évaluer les besoins des enfants, même s’ils étaient déjà scolarisés en français au Canada, explique-t-on à la CSMV. «Tout enfant qui n’a pas fréquenté l’école québécoise depuis 8 mois et plus doit passer par le système de guichet unique», explique Alexandre Kozminski Martin. 

La CSMV connaît une forte croissance de clientèle, rappelle-t-il. «Il peut arriver qu’exceptionnellement certaines situations ne correspondent pas à nos standards.» 

Ce casse-tête administratif ressemble drôlement à ce qui se fait dans notre pays d’origine, dit M. Faye. «Mais au Mali, au moins tu sais à qui parler», ajoute-t-il avec un sourire en coin.