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Détresse psychologique des policiers: briser les tabous

police car at night
Photo Adobestock

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Malgré les avancées, la détresse psychologique demeure encore aujourd’hui trop souvent taboue et difficile à accepter. Dans certains milieux comme celui des policiers, métier symbolisant à la fois la force, le sang-froid et l’autorité, cette souffrance peut s’avérer encore plus difficile à vivre et à surmonter, car le risque d’isolement est particulièrement élevé.

Les policiers, comme les pompiers ou ambulanciers, sont appelés à intervenir dans des situations difficiles, accidents, crises conjugales, actes criminels, où les risques de traumatismes sur le plan psychologique sont beaucoup plus élevés que dans la population en général.

­Les situations imprévues, hors de contrôle, les menaces, la violence, la charge de stress, l’exposition à des scènes pénibles, voire à des scènes d’horreur et des situations qui peuvent mettre leur vie en danger sont monnaie courante dans leur travail.

Malgré un entraînement rigoureux et tout le professionnalisme dont ils font preuve, il est normal d’en arriver un jour à ressentir une détresse psychologique après avoir vécu un événement particulièrement difficile, ou à la suite d’une accumulation de situations éprouvantes.

Les policiers, tout comme les gens qui pratiquent les métiers d’urgence, ont par ailleurs bien souvent choisi ce métier dans le but d’assurer la sécurité et de « sauver » les autres.

Confronté à toutes ces situations très difficiles, le rêve de devenir policier, symbole d’héroïsme et d’invincibilité, se voit ainsi rattrapé par la réalité, ce qui peut engendrer une importante détresse psychologique.

Qu’elle prenne la forme d’une dépression majeure, d’un burn-out, d’un trouble anxieux ou d’un syndrome de stress post-traumatique, cette détresse est encore plus difficile à admettre et à accepter pour la personne qui, plus jeune, se voyait comme celle qui allait avoir le courage de secourir son prochain.

Peu remerciés

Parce qu’ils sont appelés à appliquer la loi, les policiers sont souvent critiqués et le travail qu’ils accomplissent est rarement apprécié à leur juste valeur.

La méconnaissance de la nature et de la réalité de leur travail de la part de la population peut aussi contribuer à accroître la détresse psychologique chez ces derniers.

On sait tous à quel point la reconnaissance constitue une valeur essentielle dans notre travail.

Encore tabou

Comme dans plusieurs milieux, et bien que les mentalités aient grandement évolué, il demeure encore souvent ardu dans la culture policière de parler de problèmes psychologiques avec ses collègues et auprès de son supérieur.

Il s’avère encore plus difficile, voire impensable de demander de l’aide, ce qui fait en sorte d’accroître la détresse.

Si des programmes d’aide et diverses mesures ont vu le jour, il reste encore du travail à faire, tout comme au sein de nombreuses autres organisations.

Santé mentale et physique

Autant il est important pour une organisation de protéger l’intégrité et la santé physique de ses employés, autant il est primordial de prendre en main leur santé mentale, d’abord en valorisant la santé psychologique dans la culture de l’organisation, ensuite en mettant en place des mesures de prévention, puis en offrant les ressources et services adéquats, le cas échéant.

Le support des collègues, une aide professionnelle accessible ainsi qu’une ouverture au dialogue sur la santé psychologique sont des ingrédients fondamentaux à la santé et au bien-être des employés. Cela dit, pour le policier comme pour chacun, le plus difficile demeure parfois de reconnaître et d’admettre que l’on peut avoir besoin d’une aide psychologique.

Tous humains

Nous devons tous, nous aussi, nous montrer ouverts et sensibles aux difficultés auxquelles peuvent être confrontés les policiers et toutes les autres personnes exerçant des métiers d’urgence.

S’ils doivent parfois accomplir des tâches ingrates pour assurer le respect de la loi, ceux-ci veillent aussi à notre sécurité.

Éprouver de la détresse psychologique n’en fait pas de moins bons travailleurs, mais leur rappelle plutôt qu’ils sont, eux aussi, humains.

Après tout, la capacité de reconnaître ses limites et de prendre les bons moyens pour prendre soin de sa santé psychologique constitue non pas une faiblesse, mais une force considérable.