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Le champion du monde des hypocrites

Le champion du monde  des hypocrites
Photo Reuter

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Il s’est dit beaucoup de choses sur le visage noirci de Justin Trudeau depuis 48 heures.

Il me semble pourtant qu’on passe à côté de l’essentiel.

Il est vrai que l’affaire n’aurait pas pris une telle proportion si Justin Trudeau ne s’était pas présenté comme le champion mondial de l’antiracisme.

Il est vrai qu’il est absurde de le faire passer pour un raciste.

Justin Trudeau est surtout un bellâtre intellectuellement dégarni, qui a surfé sur son nom et son apparence, sans une seule réalisation notable avant d’accéder à une fonction pour laquelle il est radicalement sous-qualifié.

Caché

Le champion du monde  des hypocrites
Photo Time Magazine

 

Il est vrai aussi qu’il faut être prudent avant de juger les comportements d’hier avec les critères moraux d’aujourd’hui.

Erreur de jeunesse ? Hmm, il avait 29 ans et était déjà un personnage public, venant tout juste de prononcer l’oraison qui le lança lors des funérailles de son père.

Tout cela est vrai, mais ne va pas au fond de l’affaire.

Quel est ce fond, à mon humble avis ?

Dans Le dîner de cons, quand Pierre Brochant annonce à ses copains qu’il a trouvé un con spectaculaire, François Pignon, obsédé par les maquettes en allumettes, il lâche la célébrissime réplique :

« La classe mondiale... Peut-être même le champion du monde ! »

Justin Trudeau n’est pas le champion du monde des cons, mais il est peut-être le champion du monde des hypocrites.

Son vrai péché n’est pas ce maquillage.

Son vrai péché, c’est d’avoir gardé le silence pendant 18 ans.

Pendant qu’il faisait la morale aux autres, il savait qu’il avait lui-même commis un geste qu’il aurait dénoncé chez autrui.

Il savait ce qu’il avait fait et espérait que cela ne se saurait jamais.

Il s’est excusé, direz-vous.

Oui, mais il ne se serait jamais excusé si la photo n’était pas apparue.

Pendant ce temps, il sermonnait la planète entière.

Pendant ce temps, il demande aux électeurs, la main sur le cœur, de lui faire confiance.

Pendant ce temps, il bondit sur de vieilles déclarations de ses adversaires pour dire... qu’ils cachent des choses.

Le geste honorable aurait été de faire un coming out.

Il a eu 18 ans pour le faire entre l’incident et aujourd’hui.

Il a eu d’innombrables tribunes pour dire que les temps avaient changé et que personne n’est à l’abri d’un faux pas.

Puis il se serait donné en exemple, révélant son geste. L’affaire aurait été classée en deux jours.

Pogné !

Ne voit-on pas que son attitude ici est identique à sa réaction dans les deux affaires qui lui ont valu des blâmes du commissaire à l’éthique : ses liens avec l’Aga Khan et SNC-Lavalin ?

Justin ne s’excuse que lorsqu’il est pris la main dans le sac.

Il est déjà triste qu’un pays qui se dit sérieux soit dirigé par un adolescent attardé et vide.

Il est encore plus triste de voir que cet olibrius immature est aussi un hypocrite de classe mondiale.

Peut-être même le champion du monde des hypocrites.