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Legault lévite

Legault Lebel
Photo Simon Clark François Legault

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Il faut rendre à César ce qui lui appartient, mais la partie paraît presque trop facile pour François Legault cet automne.

D’abord, le «bruit politique» de la rentrée se situe au fédéral, en raison de l’élection.

François Legault a bien joué ses cartes en dégainant rapidement ses demandes aux partis, donnant, de Québec, le ton à une campagne qui n’en avait pas vraiment.

Ainsi, il a pris de front Justin Trudeau avec son exigence de ne pas attaquer la loi québécoise sur la laïcité, se donnant le beau rôle au passage, le torse bombé d’un nationalisme débordant. En reprenant à son compte la formule historique de Robert Bourassa sur la «nation distincte, libre de ses choix», le chef caquiste a habilement charmé toutes les clientèles.

Le multiculturaliste en chef a dû ruminer l’intervention opportuniste de son vis-à-vis québécois, entre deux réminiscences de regrettables partys costumés.

Vus du Québec, la laïcité et le respect des choix de la nation sont devenus les tonalités principales et fusionnelles, avant que Justin soit rattrapé par son passé, plus puéril que raciste.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

 

Tirs à blanc?

Que le chef caquiste patauge dans les coûts de construction des maternelles 4 ans, ou qu’il renie l’engagement de tenir la prochaine élection dans un mode mixte proportionnel, cela lui occasionne peu de chaleur pour l’instant.

Même si l’opposition dispose de munitions pouvant indisposer le gouvernement, les partis ont probablement l’impression d’avoir tiré à blanc en cette semaine de rentrée à Québec.

Les caquistes surfent sur une vague en acier inoxydable. Rien ne colle.

Des problématiques en santé? Danielle McCann paraît encore auréolée d’un halo de bienfaisance comparativement à son prédécesseur Barrette.

Il y a l’environnement, qui demeure à ce jour un point faible de la CAQ. Mais tenter de coincer le ministre Benoit Charrette, c’est comme essayer de boxer avec Gumby. La libérale Marie Montpetit a cherché à le provoquer en lui lançant «que l’environnement, bien ça ne vous intéresse pas», mais le ministre, aussi affable que monocorde, a à peine sourcillé. Difficile de percer son insoluble cuirasse de caoutchouc.

Le fossoyeur du comité de gestion du Fonds vert a beaucoup à livrer cet automne, à commencer par une révision du système de recyclage au Québec, comme le démontre notre grand reportage ce samedi.

Il a pu se féliciter, jeudi, d’avoir obtenu l’appui de tous les partis pour l’élargissement de la consigne à l’ensemble des bouteilles de plastique et de verre, ce qui constitue un pas dans la bonne direction.

État d’apesanteur

La ministre Geneviève Guilbault aura aussi la lourde tâche de redonner confiance en l’Unité permanente anticorruption, pourrie et détournée de sa mission première par des guerres internes et des rivalités assassines.

Malgré les défis, les stratèges de la CAQ voient poindre une convergence d’éléments devant consolider l’hélium qui les propulse dans le nirvana de l’approbation populaire.

D’abord, le dépôt du projet de loi transformant les commissions scolaires, au moment où paraît un rapport destructeur sur les élus de la English Montreal. Ensuite, une mise à jour économique qui confirmera la poursuite de la réduction du fardeau fiscal des Québécois. Et, enfin, une élection partielle dans Jean-Talon qui riverait le Parti libéral du Québec aux confins du territoire montréalais.

Dans les rangs caquistes, on dit ne rien tenir pour acquis. On s’amuse néanmoins à évoquer un scénario dans lequel le PLQ se fait même ravir la deuxième position par Québec solidaire dans son château fort chambranlant.

En politique, les choses peuvent changer rapidement.

Mais en ce moment, tel un client euphorisé de la SQDC, François Legault lévite...

Les bulletins

Geneviève Guilbault, CAQ

Legault Lebel
Capture d'écran, TVA Nouvelles

On attend un redressement important à l’UPAC. Or, le processus de nomination du prochain patron aux deux tiers de l’Assemblée nationale, instauré par la CAQ, est parti du mauvais pied. Le nom du candidat du gouvernement, Frédérick Gaudreau, a été coulé dans les médias. Semaine plus difficile pour la ministre, qui ne souhaitait sûrement pas se retrouver dans cette position...

Jonatan Julien, CAQ

Legault Lebel
Photo d'archives, PIerre-Paul Poulin

Le ministre et sa solution pour «rembourser» les trop-perçus d’Hydro-Québec ont été dépecés par presque tous les intervenants entendus en commission parlementaire. Ça ne paraissait pas si mal en juin dernier, mais le ministre de l’Énergie aurait avantage à améliorer sa proposition. Le bateau prend l’eau...

Ian Lafrenière, CAQ

Legault Lebel
Photo Simon Clark

Le député de Vachon avait raison d’insister pour la création d’une commission parlementaire sur la prostitution juvénile. Lors des travaux préparatoires, les élus ont été bouleversés par le témoignage d’une jeune fille. Des victimes pourront expliquer ce qu’elles ont vécu, à huis clos. Et l’exercice est transpartisan. Bonne initiative.

Pierre Arcand, PLQ

Legault Lebel
Photo d'archives, Simon Clark

Ce n’est pas arrivé souvent que le chef intérimaire s’illustre ! Mais il faut lui donner, il a fait cracher à François Legault l’aveu de la semaine, voulant qu’une classe au Québec, «ça fait longtemps que ça coûte autour de 800 000 $». En campagne électorale, la CAQ avait pourtant fixé le coût de construction des maternelles 4 ans à environ 120 000 $ par classe.

En vrac

Le décorum, viande à chien!

Jean-François Roberge
Photo d'archives, Jean-Francois Desgagnés
Jean-François Roberge

Pour répondre aux libéraux qu’il qualifie de «Séraphins de l’éducation», le ministre Jean-François Roberge a carrément imité le personnage de Séraphin Poudrier. Bon, on doit reconnaître que c’était réussi, mais on ne souhaite pas qu’il transforme le Salon bleu en théâtre des variétés!

Courage

Nadine Girault
Photo d'archives, Simon Clark
Nadine Girault

Toute la classe politique a été consternée d’apprendre que la ministre des Relations internationales, Nadine Girault, est atteinte d’un cancer du poumon. On lui souhaite la meilleure des chances dans l’épreuve, qu’elle affronte avec courage et dignité.