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Trois artistes marquants en devenir

Le miel est plus doux que le sang dépeint une rencontre explosive entre Buñuel, Dali et Lorca

Le miel est plus doux que le sang
Photo Nicola-Frank Vachon Le miel est plus doux que le sang s’intéresse à la jeunesse artistique de Salvador Dali, Federico Garcia Lorca et Luis Buñuel, sous l’influence de leur muse fictive, Lolita.

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Jeunes étudiants, Luis Buñuel, Salvador Dali et Federico Garcia Lorca cherchaient à se définir comme artistes et comme êtres humains. Le miel est plus doux que le sang est une incursion fictive et théâtrale dans l’univers de ces trois créateurs qui se sont liés d’amitié dans le Madrid des années 20.

Le trio a ensuite obtenu succès et reconnaissance. Buñuel est devenu cinéaste ; Dali, un peintre surréaliste ; et Federico Garcia Lorca, un poète et un dramaturge.

Écrite il y a 25 ans par Simone Chartrand et Philippe Soldevilla, la pièce est à l’affiche au Théâtre Périscope pour souligner les 30 ans de la compagnie Sortie de secours.

Les auteurs se sont inspirés des œuvres produites par ces trois artistes pour imaginer et recréer cette rencontre explosive entre trois jeunes artistes, vifs et passionnés.

Rustre, Buñuel s’adonne à la boxe et s’intéresse à l’entomologie, avant de bifurquer vers la philosophie et les lettres.

Vincent Legault habite de très belle façon la folie du peintre Salvador Dali.
Photo Nicola-Frank Vachon
Vincent Legault habite de très belle façon la folie du peintre Salvador Dali.

Federico Garcia Lorca veut devenir écrivain, et le savoureux Dali, interprété par Vincent Legault, excellent, est déjà solidement absorbé par son art.

On suit le trio, de 1919 à 1923, au fil de leur amitié, de leurs remises en question, de leur franchise, de leur folie créatrice et de leur quête artistique.

« Je sais qu’il ne faut se laisser guider par personne. Qu’il faut tenir soi-même le volant », lancera Salvador Dali, lors d’une rencontre avec la chanteuse de cabaret Lolita, un personnage inventé, qui deviendra la muse des trois étudiants. On perd malheureusement un peu, ici et là, le texte de la muse en raison de l’accent de la comédienne catalane Savina Figueras.

Mise en scène inventive

Le titre de la pièce fait référence à une œuvre de jeunesse de Dali où l’on retrouve les traces de cette rencontre entre ces trois artistes en devenir dans une Espagne agitée socialement et politiquement.

Les personnages évoluent dans un large plateau scénique où l’on retrouve une chambre, une salle à manger et un cabaret.

Karine Parisé offre un superbe numéro de flamenco dans le rôle de Paquita.
Photo Nicola-Frank Vachon
Karine Parisé offre un superbe numéro de flamenco dans le rôle de Paquita.

La mise en scène de Philippe Soldevilla est vivante. Il y a beaucoup de mouvement et quelques références à l’époque des cabarets au cinéma muet, incluant une séquence très chaplinesque mettant en vedette le trio. Au piano et à la guitare, Antoine Breton interprète les segments musicaux.

L’idée de faire évoluer les trois personnages dans une même chambre, en même temps, comme s’ils étaient seuls dans leurs logements respectifs de la Residencia de Estudiantes de Madrid, à quelques reprises, est inventive et réussie.

L’œuvre se déploie sous la forme de chroniques parfois un peu philosophiques. Le miel est plus doux que le sang est présentée de façon inventive et divertissante, et c’est ce qui fait sa force, après un départ où on se cherche un peu, durant une vingtaine de minutes, avant de trouver ses repères et d’entrer pleinement dans cet univers. On s’approche ensuite du feu qui nourrissait Buñuel, Dali et Lorca.


► Le miel est plus doux que le sang est présentée jusqu’au 5 octobre au Théâtre Périscope.