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Élevée dans une secte: «on reste avec des séquelles de ça»

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Interpellée par le reportage-choc de J.E. sur le groupe religieux de la Mission de l'Esprit Saint, une femme qui s'est retrouvée dans une secte alors qu'elle n'avait de 2 ans estime qu'il est très difficile de retrouver une vie normale une fois que l'on parvient à quitter l'organisation.   

Myriam Keyzer, auteure du livre Otage du silence, a passé près de deux décennies prisonnière d'une secte qu'elle ne veut pas nommer, mais qui est toujours active.  

«De réaliser que l'on est en dehors de la société, ce n'est pas simple. Dans mon cas, on était très coupé du monde», a-t-elle raconté sur le plateau de LCN, dimanche matin. Aujourd'hui sortie de ce milieu, elle confie qu'elle en garde des «séquelles» et estime que peu d'ex-membres parviennent à s'en remettre complètement.  

Mme Keyzer s'inquiète surtout pour le sort des enfants, endoctrinés bien malgré eux. «Il y a des enfants qui ne sont même pas répertoriés. Il y a des enfants qui sont nés là. [...] Tous les enfants devraient être diplômés du ministère [de l'Éducation] et ce devrait être des gens extérieurs aux sectes qui leur font passer des examens», estime-t-elle.  

«Ça aurait pris des gens qui, de façon récurrente, viennent nous rencontrer, mais à l'extérieur de la secte», a poursuivi celle qui pourfend aujourd'hui ce type d'organisation.  

La famille de Myriam Keyzer – exception faite de son père, qui est décédé, et d'une de ses sœurs, de retour en Belgique – est toujours au sein de la secte.  

«C'est douloureux. En sortant publiquement, je sais que je leur fais du mal», a-t-elle confié.  

«L'image qui me vient, c'est comme s'ils étaient pris dans un aquarium, qui est dans un océan», a poursuivi Myriam Keyzer.  

Son histoire ressemble à celle des ex-adeptes de la Mission de l’Esprit Saint qui se sont confiés à J.E. , permettant de lever le voile sur ce groupe religieux.  

Ils ont raconté que cette communauté religieuse, qui pratiquait son culte illégalement dans un local de Joliette, enseigne notamment aux jeunes filles qu'elles sont sur Terre uniquement pour assouvir les besoins de leur mari et mettre au monde des enfants.