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Les qualités d’un chef

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Je n’aurais jamais voté pour Stephen Harper, mais je reconnais que cet homme avait une vision de ce qu’il voulait voir son pays devenir et qu’il s’est engagé en politique pour appliquer un programme cohérent pour avancer dans cette direction.

J’ai beaucoup de respect pour l’action politique, quand elle s’appuie sur une pensée mature. Je dirais la même chose de Pierre Elliot Trudeau, pour qui je n’aurais pas davantage voté.

Aimer le monde

De Jean Chrétien, je dirais que c’était un pur-sang. Un amoureux de la politique qui la pratiquait avec instinct et avec passion. Il faut vraiment aimer le monde pour faire ça pendant des décennies. Je dirais la même chose de Jean Charest, par ailleurs.

J’admire la manière dont Lucien Bouchard est venu en politique comme on entre en religion. Poussé par l’appel, pratiquant un pouvoir plus austère que clinquant, mais porté par une compréhension intime et sensible des aspirations de son peuple.

Jacques Parizeau était doté d’une intelligence supérieure qui semblait lui permettre de comprendre d’un seul regard toutes les forces susceptibles d’influer sur le destin et le développement de son pays. Bernard Landry était poussé par une énergie incroyable, une inextinguible volonté de faire, pour la réussite de sa nation.

Mon ancienne patronne Pauline Marois avait une capacité de travail prodigieuse et accordait une préparation studieuse à chacun de ses dossiers. Il émanait quand même d’elle une empathie si sincère à l’endroit des mal-pris ou des écorchés que j’ai encore chaud dans le ventre quand j’y pense.

Mon premier ministre

Tout ça pour dire que quand j’ai vu Justin Trudeau déguisé en Aladin cette semaine, je n’ai pas été particulièrement choqué. Je me suis juste rappelé comment je ne reconnaissais chez cet homme, qui est aujourd’hui mon premier ministre, aucune des qualités que j’ai admirées chez les chefs que j’ai respectés.