/lifestyle/health
Navigation

Vapoter ou ne pas vapoter?

vape man. the modern young person produces clouds of vapor
Photo Adobe Stock

Coup d'oeil sur cet article

La cigarette électronique a bien évolué depuis sa création dans les années 2000 et le nombre d’utilisateurs ne cesse d’augmenter au Canada et au Québec. On la voit aux becs des jeunes et des moins jeunes. Pour certains, c’est un moyen de s’éloigner du tabagisme, pour d’autres c’est pour se donner un style. Est-ce que je devrais vapoter plutôt que de fumer la cigarette ? Est-ce que la cigarette électronique fonctionne pour arrêter de fumer ? Est-ce que ça rend malade ? Autant de questions posées dans les congrès scientifiques, les symposiums de professionnels de la santé, les réunions de famille et les médias ! Mais avons-nous des réponses ?

Vaut-il mieux vapoter que fumer ?

Pour le moment, la réponse est clairement oui ! Je dis « pour le moment », parce que notre recul sur les effets du vapotage n’est que d’environ cinq ou huit ans et que les conséquences à long et à très long terme ne sont pas encore connues.

Cependant, selon les connaissances actuelles, les bénéfices de l’arrêt tabagique dépassent largement les effets négatifs potentiels du vapotage. Donc, oui, pour le moment, il est préférable de vapoter que de fumer, mais c’est à suivre !

Est-ce que vapoter permet d’arrêter de fumer ?

Oui et non. Commencer à vapoter ne garantit aucunement que vous arrêterez de fumer la cigarette. En fait, une très forte proportion de gens qui vapotent pour arrêter de fumer continuent néanmoins à fumer, mais fument moins.

De plus, le fait de vapoter continue à alimenter votre dépendance à la nicotine, et les risques de rechute demeurent.

Cependant, une importante étude publiée dans le New England Journal of Medicine en 2019 et à laquelle participaient 886 fumeurs, rapportait que le vapotage avait permis à 18 % des participants de demeurer non-fumeurs un an après l’arrêt tabagique, comparativement à 9,9 % chez ceux qui avaient utilisé la méthode classique de remplacement nicotinique.

Ainsi, il semble que le vapotage confère un certain avantage comparativement à la méthode standard. Toutefois, nous ne connaissons pas encore les taux de rechute au-delà d’un an. Vapoter est donc une option, mais ce n’est pas une baguette magique.

Et les jeunes dans tout ça ?

Eh bien c’est là où le bât blesse. Les individus provapotage s’éloignent généralement le plus possible de cette question, nous rappelant que c’est un excellent outil d’arrêt tabagique.

Mais mon fils a 13 ans, il n’a jamais fumé et a commencé à vapoter. Que dois-je en penser ?

Une importante méta-analyse publiée dans le Journal of the American Medical Association Pediatrics en 2017 et réalisée chez des adolescents et de jeunes adultes a montré que 3,5 fois plus de vapoteurs avaient commencé à fumer comparativement aux non-vapoteurs.

Ainsi, si votre enfant vapote, il a 3,5 fois plus de chances (une augmentation de 350 %) de commencer à fumer. Ouch !

De surcroît, les vapoteuses, attirantes et peu coûteuses, affichent des quantités de nicotine souvent très élevées.

Comme vous pouvez le constater, quand il est question de vapotage, ce n’est ni noir ni blanc.

Êtes-vous fumeur ou non ? Voulez-vous vous sevrer de votre dépendance à la nicotine ou simplement arrêter de fumer le tabac, mais continuer à vapoter ? Vivez-vous bien avec le fait que vous vous exposez à des effets à long terme potentiellement néfastes pour la santé, mais qui sont présentement inconnus ?

Bien qu’une minorité l’utilise comme réel moyen d’arrêter de fumer et que la majorité continuera de vapoter par la suite, l’utilisation responsable du vapotage comme outil d’arrêt tabagique a du potentiel.

Cependant, il reste que c’est une façon de plus de développer une dépendance à la nicotine.

La décision de vapoter doit donc être mise en contexte et bien réfléchie.


* Mathieu Morissette est professeur au Département de médecine de la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur de l’axe pneumologie de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. Il fait partie du collectif de chercheurs de l’Alliance santé Québec.