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Canadien: ça se confirme

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Photo Agence QMI, Marc Desrosiers Keith Kinkaid occupera le poste de gardien auxiliaire cette saison.

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Plus que trois matchs préparatoires. Et certains diront que ce sont les trois plus importants.

Vrai.

Parce que, au plan des effectifs, on sait à 95 % qui seront les partants pour le premier match du calendrier régulier en Caroline. Il ne reste que deux ou trois postes à pourvoir.

On va régler tout de suite le dossier de Keith Kinkaid. Il a été embauché pour s’assurer qu’il sera sur la liste des gardiens non protégés par le Tricolore dans le cadre de la séance de repêchage de l’expansion.

Également, en raison de son expérience dans la Ligue nationale, on lui confiera le poste de gardien auxiliaire. De ses performances dépendra l’utilisation de Carey Price. Je ne suis pas un partisan de cette théorie de bien protéger le gardien en prévision des séries éliminatoires. Le protéger en lui confiant entre 50 et 55 matchs.

On donnera comme exemple les prestations de Tuukka Rask qui semblait frais et dispos puisqu’il avait partagé le boulot avec Jaroslav Halak. Parfait. Que dit-on de Andrei Vasilevskiy éliminé au premier tour ? N’avait-il pas raté près de 15 matchs au cours de la saison ? De Brayden Holtby ? De Mike Smith ? De Matt Murray ? De Pekka Rinne ? Des gardiens qui ont été écartés des séries éliminatoires après le premier tour.

La parité change la donne. Avant de songer à un calendrier plutôt réduit pour le gardien, ne devrait-on pas s’assurer d’obtenir une qualification aux séries éliminatoires ? Et cela signifie des responsabilités accrues pour le premier gardien.

Voilà pour Kinkaid et Price.

Suzuki, Poehling et Fleury

Maintenant, on sait tous que toute l’attention est dirigée vers Nick Suzuki, Ryan Poehling et Cale Fleury.

On devra attendre au sujet de Poehling. Quand pourra-t-il reprendre le collier ? On l’ignore. Pour l’instant, son dossier demeure sur la filière.

Reste Suzuki et Fleury.

Depuis le début des auditions, ils ont invité les décideurs à une courte réflexion. Ils ont démontré qu’ils avaient les ressources pour faire le grand saut immédiatement. Si le Canadien veut respecter son programme instauré, l’an dernier, c’est-à-dire en mettant l’accent sur les jeunes joueurs, Suzuki et Fleury répondent exactement à ce que l’on recherche.

Deux joueurs qui travaillent avec beaucoup d’assurance, deux patineurs s’adaptant rapidement à un nouvel environnement. Dans les faits, ils ont obtenu le rôle, à moins qu’ils parviennent à tout saboter dans la dernière semaine du calendrier des matchs préparatoires.

Suzuki a passé un premier test sur le flanc droit.

Fleury distance Christian Folin, Mike Reilly et dans le cas de Josh Brook, un séjour dans la Ligue américaine est grandement à considérer comme on l’avait fait l’an dernier avec Fleury.

Maintenant, c’est à Suzuki et à Fleury de compléter l’audition avec des performances ne laissant plus aucun doute dans l’évaluation des décideurs de l’organisation.

Claude Julien reconnaît que Suzuki est un joueur polyvalent. « Il est très intelligent et il sait comment réagir selon les situations. »

Et Fleury : « Il est confiant et il ne déteste pas le jeu robuste. »

Suzuki et Fleury se mesureront à une équipe de haut niveau, une formation redoutable en attaque, les Maple Leafs de Toronto. Participeront-ils aux deux matchs ?

Pourquoi pas ?

On peut déjà penser que Mike Babcock utilisera les joueurs qui seront du premier match de la saison régulière. On peut croire aussi que Claude Julien préparera son équipe pour l’ouverture de la saison.

Un véritable test pour bien compléter l’évaluation.

Les Alouettes impressionnent

Quel match ! Quelle remontée !

Les Alouettes sont en train de renouer cette relation de confiance et, il faut bien le reconnaître, cette relation de loyauté qu’ils entretenaient, il y a cinq ans, avec les amateurs.

À chaque match, ils écrivent un nouveau scénario.

Celui de samedi tirait de la science-fiction.

Une fin hollywoodienne.

Au cadran : 62 secondes. La marque 37 à 31 en faveur des Blue Bombers de Winnipeg, qui menaient 34 à 17 à la mi-temps. Vernon Adams fils et les Alouettes vont couvrir la distance de 94 verges avec six jeux ; ils signent la plus impressionnante remontée dans l’histoire de l’équipe.

Dans les gradins, c’était l’euphorie. C’est à peine si on pouvait croire à ce qui venait de se produire. Et pourtant, c’était bien la réalité.

Rien ne prévoyait un tel dénouement. En première demie, comme c’est toujours fragile pour cette organisation dans sa mission pour regagner une clientèle qui lui fait un pied de nez depuis trop longtemps, ce n’était pas beau à voir. Comme si on avait sorti de vieux films relatant les années noires d’une organisation toujours sans propriétaire.

Puis, Vernon Adams fils et ses coéquipiers ont modifié le scénario et d’une façon spectaculaire. L’attaque a littéralement taillé en pièces l’unité défensive de l’adversaire. Et l’unité défensive des Alouettes, humiliée en première demie, a formé un mur, limitant les Bombers à trois points.

Équipe spéciale

Cette équipe est spéciale. Khari Jones le dit souvent : elle est courageuse. Elle ne baisse jamais les bras. Elle lutte avec l’énergie du désespoir.

Les membres de l’unité défensive comme les membres de l’attaque et des unités spéciales forment une équipe dans le vrai sens du mot. UNE équipe.

Par moments, Adams fils ratait ses receveurs. Par moments, il prenait de mauvaises décisions. Bon, c’est sa première saison dans la Ligue canadienne, la patience s’impose. Il a le talent pour gravir rapidement les échelons. Puis, soudainement, Adams fils est devenu un véritable magicien. Près de 250 verges de gain au dernier quart.

Les Alouettes auraient pu lâcher les guides, surtout après l’interception de Jeff Hecht des Blues Bombers ou encore après la pénalité pour obstruction imposée à Gref Reid contre Nic Demski, mais non, ils ont multiplié les efforts et les receveurs de Adams fils ont étourdi les Blue Bombers.

Un match captivant.

Les Alouettes ont assurément démontré qu’ils formaient un groupe très particulier, un groupe qui devrait éventuellement ramener les amateurs au stade.

Avec ce qu’ils nous font voir cette année, ils le méritent amplement...