/entertainment/tv
Navigation

«Distorsion»: l’arnaque au temps du numérique

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL – Les fuites de données dans les institutions financières vous préoccupent? Au grand dam de l’honnête citoyen, il ne s’agit là que de la pointe d’un colossal iceberg, tant les récits de duperies pullulent en notre ère numérique.

C’est le constat troublant que pose l’intéressant docu-réalité «Distorsion», que la chaîne MOI ET CIE lancera ce mercredi, 25 septembre. En 13 épisodes de 30 minutes, les animateurs et férus du web Émile Gauthier et Sébastien Lévesque survolent les dangers qui nous guettent en cette époque où téléphones cellulaires et autres joujoux électroniques sont pratiquement devenus des extensions de l’être humain.

Vols de données, marché noir du «Dark web», légendes urbaines, fausses nouvelles, cyberintimidation à travers les jeux vidéo, phénomènes paranormaux, travers de l’intelligence artificielle, prédateurs numériques: sans alarmisme ni sensationnalisme, le duo Gauthier-Lévesque décortique ces sujets, en identifie les principaux enjeux et dangers et apporte des pistes de solution.

Émile Gauthier est journaliste, réalisateur et DJ, et a jadis travaillé pour Ubisoft, tandis que son collègue Sébastien Lévesque est stratège numérique, chroniqueur technologies et professeur.

Ensemble, les deux garçons ont conçu le balado «Distorsion», dont 50 épisodes ont été enregistrés depuis 2017, et qui a atteint le million de téléchargements dans le monde.

Un livre du même titre, premier ouvrage adapté d’un «podcast» dans toute la francophonie, a été mis en marché en 2019, et la cinquième saison du balado «Distorsion» pourra être écoutée sur les plateformes de QUB radio dès le 26 septembre.

Fraude amoureuse

Le premier épisode de «Distorsion», très accrocheur, s’intéresse à un type de piège qui demeure à la fois bouleversant et fascinant, même si plusieurs cas du genre ont déjà été rapportés dans les médias: la fraude amoureuse, ou «catfishing».

Au moyen d’une petite annonce, Émile Gauthier et Sébastien Lévesque ont fait la connaissance de Sophie, une femme pourtant allumée et lucide, mais vulnérable à la suite d’une rupture survenue après plus de 30 ans de vie de couple.

La dame entretient des doutes sur la nature d’une relation virtuelle qu’elle entretient avec un grand parleur à la belle gueule, Gérald. Même si ce dernier lui réclame sans cesse de l’argent entre deux mots doux, Sophie se dit amoureuse et peine à croire que son prétendant trop charmant pour être vrai puisse être un extorqueur.

La pauvre Sophie tombera des nues en apprenant, grâce aux démarches d’Émile et Sébastien, qu’elle s’est fait berner par un groupe de criminels originaire du Ghana, comportant aussi des ramifications aux États-Unis, et que la photo devant laquelle elle soupire depuis plusieurs mois est en fait le portrait d’un mannequin de Los Angeles.

«Je lui ai donné 100 000 $, à cet homme-là», gémit-elle en apprenant la vérité, complètement dépassée.

Heureusement, grâce à l’enquête de nos deux justiciers de l’univers numérique, Sophie s’est dotée de nouveaux éléments de preuve lui permettant de dénoncer ses abuseurs.

Afin de mener leur enquête à l’écran, Émile et Sébastien rencontrent l’anthropologue Samuel Paul Louis Veissière, qui leur explique comment les notifications des applications de rencontres et des réseaux sociaux agissent comme des «récompenses sociales» sur le cerveau humain, et le sergent Guy Paul Larocque, qui détaille les spécificités d’une arnaque amoureuse sur le web et souligne que 24 millions de pertes sont signalées annuellement au Centre antifraude du Canada, en lien avec cette sorte d’affaire. Loane, une internaute apparemment sans histoire, dépeint de son côté comment elle a elle-même endormi des interlocuteurs au gré de mensonges derrière son clavier, comparant son petit jeu à l’écriture d’un roman.

«Distorsion», le mercredi, à 20 h 30, à MOI ET CIE. La série est produite par Trinome & Filles («Face à la rue», «À nous 2 Canada!»).