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Flirter avec un futur premier ministre

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Pendant quelques semaines, je date plusieurs hommes et même une femme. Que voulez-vous, je me sens comme ça en période électorale : avant de m’engager, je veux connaître la personne avec qui je passerai les quatre prochaines années.

Je veux être certaine de choisir le bon parti. Comment je m’y prends ? Exactement comme quand je date : je ne veux pas être sa promise, mais je veux qu’il ou elle tienne ses promesses.

Pour ce faire, je consulte son programme, je m’attends à ce qu’on ait les mêmes valeurs si on veut bâtir ensemble. Il faut qu’il y ait ce petit quelque chose d’unique. J’ai besoin d’officialiser les choses en mettant un X à côté de son nom.

Les élections sont une opération de séduction qui se termine toujours dans la Chambre... des communes.

Une génération prête à rencontrer

On dit qu’il faut rester ouvert quand on veut rencontrer et donner la chance au coureur de faire son porte-à-porte. Si l’élu de mon cœur a des valeurs qui s’opposent aux miennes et qu’il a des idées de droite, ce ne sera pas possible. Si je deviens enceinte et qu’il me force à poursuivre la grossesse, c’est non. Ou encore s’il a une dépendance aux substances toxiques comme le pétrole, je ne miserai pas sur ce candidat.

On dit de ma génération, les milléniaux, qu’elle ne veut pas s’engager. C’est parce qu’on préfère être seul plutôt qu’être mal accompagné. Face à la politique, c’est la même chose, on ne veut pas faire de compromis sur notre futur. Pour la première fois, les 18-38 ans représentent plus du tiers de l’électorat. Ce groupe démographique aura plus de poids que celui des baby-boomers aux prochaines élections et pourrait mettre au four le plus alléchant des avenirs.

Voter, c’est prendre la part du gâteau de noces qui nous revient : oui, je le veux !