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Le chenil d’un ex-maire le plaçait en conflit d’intérêts

L’ancien politicien de L’Assomption est accusé d’entrave à la justice

Jean-Claude Gingras
Photo collaboration spéciale, Simon Dessureault

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JOLIETTE | L’ancien maire de L’Assomption, Jean-Claude Gingras, qui subit notamment son procès pour entrave à la justice, aurait tenté sans succès de s’immiscer dans un dossier où il était devenu à la fois le poursuivant et le poursuivi.

Avant d’être élu à la tête de la Ville de Lanaudière en 2013, Gingras était propriétaire de l’entreprise Le Loft des 4 pattes, considérée comme un chenil qui ne respectait pas certaines normes de superficie et de salubrité par l’administration municipale lui précédant. À l’époque, la Ville avait utilisé la voie des tribunaux pour qu’il se conforme aux règles.

Puis, après avoir remporté ses élections, il aurait essayé de s’immiscer dans le dossier.

« Le maire voulait participer à une rencontre du Conseil municipal et de fonctionnaires sur ce dossier, mais je lui ai dit qu’il n’avait pas le droit parce qu’il était en conflit d’intérêts », a expliqué lundi au palais de justice de Joliette Jean Lacroix, ancien greffier par intérim et directeur général de L’Assomption.

Me Robert Bellefeuille, l’avocat de la défense, a tenté de démontrer que l’ancien maire n’a jamais pu s’immiscer dans ladite procédure impliquant son ancienne entreprise, ce qui est soutenu par la Couronne.

« Gingras est revenu à la charge en disant qu’il avait le droit d’être présent comme tout le monde », a ajouté M. Lacroix, qui lui aurait interdit d’être présent.

Celui-ci a mentionné qu’il s’est assuré que M. Gingras n’ait jamais accès aux informations privilégiées de ce dossier.

Un lift « spécial »

Le dossier judiciaire du Loft des 4 pattes faisait l’objet d’une demande de remise par Gingras. M. Lacroix a même été obligé de faire monter Gingras dans sa voiture pour aller à cette audience au palais de justice, car ce dernier avait perdu son permis de conduire.

« C’était spécial parce que j’allais là pour m’opposer à sa demande de remise. Je l’ai prévenu qu’on ne parlerait pas de son dossier », a raconté M. Lacroix. Les deux hommes auraient parlé seulement de hockey et de baseball.

« Je suis aussi revenu avec le maire. Ç’a fait un tollé à l’hôtel de ville. Je l’avais fait sous les ordres de mon supérieur », s’est aussi défendu Lacroix.

Gingras a plaidé non coupable aux accusations d’abus de confiance, d’entrave à la justice et d’intimidation.