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Le garde-manger du Québec vendu à des intérêts étrangers?

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Un des plus grands complexes de serres du Québec fait face à de graves difficultés financières et pourrait passer aux mains d’intérêts étrangers. TVA Nouvelles a appris que l’entreprise Serres Lefort s’est récemment placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.

Plus de 65% des légumes cultivés au Québec poussent d’abord dans les installations de Serres Lefort avant d’être transplantés dans les champs. L’entreprise produit aussi des légumes biologiques sous la marque VÔG. Situé à Saint-Clotilde-de-Châteauguay, le gigantesque domaine de la compagnie comprend 350 serres, l’équivalent de 40 terrains de football.

Or, malgré les millions en aide financière des gouvernements, l’entreprise traîne une dette qui frôle les 45 M$. Parmi les 151 créanciers figurent Desjardins (31,7 M$), Investissement Québec (6,9 M$), et le Fonds de solidarité FTQ (725 000$).

Pour redresser ses activités, l’entreprise recherche désormais un nouveau partenaire financier. Même si des Québécois se sont déjà manifestés, les probabilités sont fortes que des investisseurs ontariens ou étrangers en prennent le contrôle. Plusieurs d’entre eux s’apprêteraient même à visiter les installations au cours des prochains jours.

Dangereux

«Cette entreprise-là, vendue à des étrangers, même s’ils sont Ontariens, fait en sorte que le Québec ne contrôle pas son approvisionnement en nourriture. C’est dangereux», prévient Philippe R. Bertrand, conseiller en croissance d’entreprise. «Les gros joueurs sont à l’extérieur du Québec, beaucoup en Ontario et d’énormes aux États-Unis.»

Selon des informations obtenues par TVA Nouvelles, la débâcle financière de Serres Lefort est liée à la production biologique de concombres et de poivrons, qui a récemment connu des ratés. Des problèmes de production et d’importants dépassements de coûts sont en cause.

Serres Lefort avait bénéficié ces dernières années de la réduction du tarif d’électricité accordée aux producteurs en serres. Elle avait notamment pu augmenter en 2016, grâce en partie à cette réduction de tarif, ses surfaces de production des laitues Boston, avait fait valoir au début de 2016 André Michaud, un conseiller stratégique auprès de Serres Lefort. «De plus, en 2011, Serres Lefort a bénéficié du programme d’aide financière pour des projets de conversion énergétique à la biomasse forestière résiduelle, contribuant ainsi à doubler la superficie de production totale de l’entreprise», avait souligné M. Michaud.

Pour l’instant, les activités de Serres Lefort sont maintenues en Montérégie, et les 280 employés sont payés. Ni le syndic Raymond Chabot Grant Thornton ni les dirigeants de l’entreprise n’ont souhaité commenter la situation publiquement.