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Malaise

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On ne répétera jamais assez à quel point le multiculturalisme englue la société canadienne. Les listes de mots à proscrire s’allongent constamment pour être remplacées par d’autres qui passent le test de la rectitude politique. Il faut donc tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Façon de pratiquer au quotidien les accommodements verbaux menant aux voies ensoleillées.

Les révélations du comportement stupide de l’acteur de second rôle Justin Trudeau, qui joue celui de premier ministre canadien, éclairent bien l’état actuel des relations communautaires.

Hommes, femmes, Blancs, Noirs, bruns, jaunes, autochtones, hétéros, gais, transgenres, chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, chacun dans son appartenance particulière définit la morale sociale.

Relativisme

La définition du racisme, par exemple, devient relative selon celui qui l’affirme. Un Blanc doit se taire devant une accusation de racisme émise par un Noir, un non-juif est sans défense contre un juif qui l’accuse d’antisémitisme, un homme est impuissant devant une femme qui l’accuse d’être machiste.

Mais cela se corse et se complexifie, comme on l’a vu cette semaine avec l’affaire Trudeau. Une majorité de Québécois, tout en critiquant vivement et méchamment son immaturité et son manque d’intelligence, s’est portée à sa défense. Pendant ce temps, Justin Trudeau se faisait trucider dans le reste du Canada. Avec des réserves, cependant, parmi les militants libéraux, peu importe leur appartenance raciale et culturelle.

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Disons pour faire image que le mutisme est en train de devenir une valeur canadienne à inscrire dans nos chartes de droits. « Ferme-toi la trappe » serait donc la devise complémentaire du « Je me souviens » québécois et de celle du Canada « D’un océan à l’autre ».

Sans doute est-il trop tard cette année pour abolir l’Halloween et ses déguisements, à moins que les partis politiques en campagne électorale en fassent une promesse formelle d’ici l’élection.

Que cela est désolant et troublant.