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Le directeur Legault

Le directeur Legault
Photo d'archives, Simon Clark

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Selon mon collègue Mario Dumont, les journées pédagogiques ont assez mauvaise réputation. Afin de tester son affirmation, il nous invite à lancer une discussion sur le sujet afin que l’on puisse apprécier l’étendue des connaissances de certains grands spécialistes de l’éducation de notre entourage. 

Je ferais tout de même une petite, mais importante nuance. Si vous voulez pimenter votre journée en participant à un échange digne d’un épisode de « Twilight Zone », il vous suffit simplement de parler d’école.  

Ainsi, s’il faut en croire M. Dumont, la perception du public envers les enseignants ne s’est pas améliorée cette semaine. 

Ah ?  

Je répondrai que la perception est ordinairement assez négative merci.  

On parle ici d’une simple perception, c’est-à-dire d’une compréhension plus ou moins nette de quelque chose.  

Et qui entretient des impressions hostiles selon vous ? 

Autorité 

La Commission scolaire de Montréal a décrété une journée pédagogique pour permettre à ses élèves et à son personnel de participer à la journée de grève mondiale pour le climat.  

François Legault a insisté pour dire qu’il s’agissait d’une journée de travail pour les enseignants. Il a ajouté qu’il s’attendait à les voir au poste.  

Merci du rappel à l’ordre, mais mon employeur a exactement les mêmes attentes depuis au moins 20 ans (et même un peu plus, depuis trois ans, avec la pénurie). Il compte les minutes sans relâche. 

Dans les circonstances, le comportement du premier ministre Legault est plutôt inquiétant et paradoxal. 

D’un côté, son gouvernement désire transformer les commissions scolaires en centres de services dans le but de décentraliser les décisions vers les écoles. 

De l’autre, il intervient dans la sphère publique comme s’il était un directeur d’école. Comme s’il pensait que les gestionnaires ne faisaient pas correctement leur travail.  

Une belle preuve de reconnaissance. Un beau climat de confiance. 

Cela n’est pas sans rappeler les directives du ministre Roberge quant aux récréations obligatoires au primaire. Dans ce dossier, on pouvait croire que monsieur Roberge était le directeur adjoint d’une grosse école.  

Bref, des preuves navrantes de microgestion de la part du gouvernement actuel. 

Pas un congé payé 

À ceux et celles qui s’inquiètent de savoir si leurs taxes et leurs impôts font du chemin (non pas aux Bermudes, mais bien vers les salles de classe), sachez que les enseignants doivent prendre une entente préalable avec leur direction et reprendre ce temps de travail. 

Content ? 

En passant, il s’agit de la routine habituelle dans toutes les écoles du Québec. 

Nul besoin de passer par le directeur Legault ou le directeur adjoint Roberge. Mon patron est capable de gérer la bâtisse. Je fais donc affaire avec lui. 

Vive l’école 

En terminant, j’ai bien rigolé en lisant les inquiétudes de certains quant à la pertinence de la présence des jeunes à une marche pour le climat.  

Faut pas manquer des cours ! L’école, c’est important !  

Ah ?  

Possible de tenir le même discours à tous les parents qui partent en voyage dans le Sud à des moments où ça coûte moins cher, c’est-à-dire pendant les jours de classe ?  

Mais bon, j’ai tout de même reçu un message rassurant de l’école de ma fille qui me rappelle que l’école est vitale et « que les questions climatiques sont abordées dans le cadre scolaire et lors d’activités pédagogiques ». 

Même le directeur adjoint Roberge s’en est mêlé en affirmant que « la solution aux problèmes environnementaux, elle est à l’école, elle n’est pas dans la rue ». 

Ah ? 

Les changements climatiques, on en parle depuis au moins 25 ans. Si l’école changeait quelque chose à ce propos, je crois qu’on le saurait déjà...  

Et ce n’est manifestement pas le cas.