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Les maudites promesses électorales

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Les promesses ressemblent à une brocante d’idées ressassées.

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Il y a une semaine, une des chaînes télé présentait un sondage dans la rue sur les intentions de vote. Le journaliste se baladait avec son micro à la recherche de passants moins pressés que d’autres qui accepteraient de répondre à ses questions.

Si ce n’est pas la façon la plus idéale de discuter en pleine rue des questions sérieuses, il n’en demeure pas moins que cette technique de s’adresser au « vrai monde », comme on dit dans le jargon journalistique, donne des résultats intéressants.

Cette journée-là, nombre de personnes, hommes et femmes, jeunes et vieux, déclaraient qu’elles attendaient que les politiciens annoncent leurs promesses électorales avant de faire leur choix. Cela prouve que trop d’électeurs peu politisés peut-être ou naïfs croient toujours aux « cadeaux » durant les campagnes électorales.

Bonbons

C’est bien connu, les êtres humains aiment les bonbons de toute nature. Prenons donc au hasard quelques promesses faites durant le dernier week-end. Justin Trudeau annonce qu’un gouvernement libéral diminuerait l’impôt et les factures de téléphone cellulaire. Avis aux jeunes électeurs : en votant pour le facétieux Justin, ils paieront 25 % de moins pour la consommation de cet objet encastré désormais dans la paume de leur main.

Le sympathique Jagmeet Singh, coiffé de son turban identitaire et opposé à la laïcité québécoise, annonce pour sa part aux municipalités qui ont besoin de se protéger contre les changements climatiques, un investissement de 2,5 milliards de plus dans le fond d’atténuation et d’adaptation aux catastrophes comme les inondations. Or, Jagmeet Singh ne sera jamais élu, tout le monde en convient.

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Andrew Scheer, pour sa part, a rencontré des anciens combattants dans les Maritimes et leur a promis de mettre fin au retard de leurs demandes de prestation auxquelles ils ont droit. Cela représenterait un budget de 50 millions sur deux ans.

Quant au chef du Bloc québécois, au demeurant modéré et accort, il ne peut faire de promesses à l’évidence. Il souhaite cependant que le gouvernement élu taxe plus sévèrement les provinces les plus polluantes.

Promesses douteuses

Il est difficile de croire que des électeurs puissent voter en fonction de ces promesses, qu’elles soient réalistes, parfois douteuses, mais malhonnêtes aussi. Parce qu’elles font valser dans l’imaginaire populaire des millions, voire des milliards de dollars qui ne sont que de la poudre aux yeux.

Dans un monde démocratique idéal, les électeurs devraient être à l’abri d’une campagne électorale trop semée d’hameçons pour les ferrer.

Cette période ressemble trop à une brocante d’idées déjà ressassées qu’on dépoussière ou travestit – c’est dans l’air du temps – en idées nouvelles. La campagne électorale n’a qu’un but pour le Parti libéral et c’est de faire oublier les erreurs politiques de Justin Trudeau en lançant des promesses de tous genres. Difficile cependant de masquer la vacuité de sa pensée flottant dans un ramassis de clichés à la mode. Quant à Andrew Scheer, ses promesses annoncent le retour à un conservatisme social enveloppé dans une morale rétrograde qui plaît à l’Ouest et qu’il tente d’atténuer lorsqu’il parle aux Québécois.