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Trump autorise la publication de son échange avec le président ukrainien

Trump autorise la publication de son échange avec le président ukrainien
AFP

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Donald Trump a accepté mardi de publier le contenu de sa conversation avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, nouveau rebondissement d’une affaire qui a poussé les démocrates plus proches que jamais d’une procédure de destitution contre le président américain.

«Je suis actuellement aux Nations unies où je représente notre pays, mais j’ai autorisé la publication demain (mercredi) de la transcription complète (...) de ma conversation téléphonique avec le président ukrainien», a tweeté le milliardaire républicain.

Directement concerné par cette affaire, le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden s’apprête à rejoindre le nombre grandissant de démocrates qui appellent à lancer la destitution de Donald Trump, si ce dernier refuse de coopérer avec les enquêtes du Congrès.

Dans une déclaration mardi, l’ancien vice-président de Barack Obama et favori de la primaire démocrate «va appeler Trump à coopérer avec toutes les demandes légales d’informations qui sont en suspens, sur la question ukrainienne et les autres enquêtes», a indiqué à l’AFP son équipe de campagne.

«Et si Trump ne s’y plie pas, le Congrès n’aura pas d’autre choix que de lancer la procédure de destitution».

Pour Joe Biden, «les derniers abus commis par Trump dépassent tous ses précédents abus».

Depuis l’ONU, le président américain avait plus tôt dans la journée, nié encore une fois toute pression sur l’Ukraine pour tenter de nuire à son grand rival démocrate.

Les démocrates soupçonnent M. Trump d’avoir poussé, en utilisant une aide militaire destinée à l’Ukraine comme moyen de pression, son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à enquêter sur la famille Biden, qui a eu des intérêts dans le pays.

Cela constituerait un grave abus de pouvoir puisque le président américain aurait utilisé ses fonctions pour son bénéfice personnel.

Jugeant «ridicule» les discussions sur une procédure de destitution, Donald Trump accuse les démocrates d’agiter ce spectre par pur calcul politique.

«Ils ne savent pas comment m’arrêter» avant l’élection présidentielle de 2020, a-t-il tempêté en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Annonce de Pelosi attendue

Alors que les voix démocrates en faveur d’une procédure de destitution sont de plus en plus nombreuses, tous les regards sont braqués mardi au Congrès américain sur la dirigeante démocrate Nancy Pelosi, qui tient entre ses mains le pouvoir de prendre cette décision explosive.

La présidente de la Chambre des représentants doit prendre mardi après-midi le pouls de sa majorité, puis faire une déclaration à 17 h 00.

La Chambre, à majorité démocrate, serait chargée d’ouvrir la procédure de mise en accusation.

Puis le Sénat, contrôlé par les républicains qui restent en majorité fidèles à M. Trump, serait chargé du «procès».

Fine stratège, Nancy Pelosi, 79 ans, a freiné pendant de longs mois l’aile progressiste de son parti qui appelait déjà à lancer la destitution après plusieurs autres affaires.

Déclencher cette procédure, très impopulaire dans les sondages, alors que Donald Trump serait très probablement acquitté par le Sénat, pourrait coûter aux démocrates les élections en novembre 2020, avertissait-elle au grand dam des progressistes.

Mais l’affaire ukrainienne a fait céder plusieurs digues.

D’une part, les élus les plus à gauche ne se gênent plus pour interpeller directement leurs leaders.

De l’autre, plusieurs modérés ont ces derniers jours annoncé qu’ils étaient désormais ouverts à une procédure de destitution, à condition que les allégations soient prouvées.

Au total, plus de 155 élus sur les 235 démocrates siégeant à la chambre basse (435 parlementaires au total) sont désormais favorables.

Chez les candidats à la primaire démocrate, les plus progressistes, Elizabeth Warren en tête, mais aussi Bernie Sanders ou Kamala Harris, tous sénateurs, appellent depuis déjà plusieurs mois à lancer une procédure de destitution.

Le centriste Joe Biden s’apprête donc à brandir à son tour cette menace.

Trump c. Biden

Pour lui, la bataille autour de l’affaire ukrainienne est personnelle Donald Trump et son entourage n’ont de cesse de tenter de retourner les soupçons contre Joe Biden, l’accusant avec son fils Hunter d’être «corrompus».

Ce dernier a travaillé pour un groupe gazier ukrainien à partir de 2014, lorsque son père était vice-président.

Au cœur de toute l’affaire: une conversation téléphonique organisée cet été entre les dirigeants ukrainien et américain.

Un mystérieux lanceur d’alerte, membre des services de renseignement américains, a fait peu après un signalement à sa hiérarchie pour sonner l’alarme sur cet appel.

Si M. Trump a admis publiquement avoir mentionné Joe et Hunter Biden lors de cette conversation, il dément fermement toute pression.