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Procédure de destitution: Trump dénonce une «chasse aux sorcières»

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Photo AFP Donald Trump, Président américain

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Les démocrates ont finalement déclenché mardi la procédure de destitution contre le président des États-Unis, après un appel controversé de Donald Trump à son homologue ukrainien.

M. Trump aurait demandé à Volodymyr Zelensky de nuire à son potentiel rival à la présidentielle de 2020, Joe Biden.

« Les actes du président jusqu’à ce jour ont violé la Constitution. [...] Le président doit rendre des comptes. Personne n’est au-dessus de la loi », a martelé mardi Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants.

« Si tout est avéré, c’est un président des États-Unis qui a abusé de son pouvoir pour nuire à un adversaire politique, un cas de corruption flagrant », a estimé Christophe Cloutier-Roy, chercheur à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM.

Les démocrates soupçonnent le chef républicain d’avoir poussé lors d’une conversation téléphonique en juillet, en mettant dans la balance une aide militaire de 400 millions $ US destinée à l’Ukraine, M. Zelensky à relancer une enquête qui concerne une société gazière qui comptait le fils de M. Biden au sein de son conseil d’administration.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a annoncé mardi qu’elle déclenchait la procédure de destitution contre le président des États-Unis Donald Trump après un appel controversé avec son homologue ukrainien.
Photo AFP
La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a annoncé mardi qu’elle déclenchait la procédure de destitution contre le président des États-Unis Donald Trump après un appel controversé avec son homologue ukrainien.

« Chasse aux sorcières »

Donald Trump a admis publiquement avoir mentionné « Joe » et « Hunter Biden » lors de la conversation controversée, mais dément fermement avoir fait pression sur l’Ukraine, dénonçant mardi une autre « chasse aux sorcières ».

L’histoire est connue depuis début septembre en raison d’un lanceur d’alerte et suscite beaucoup de réactions chez nos voisins du sud.

Sous pression, M. Trump a accepté de publier le contenu de sa discussion avec le président ukrainien.

Or, la mesure de destitution n’est pas garantie d’avoir l’effet escompté, puisque le Sénat est à majorité républicaine et normalement fidèle à M. Trump.

« Insoutenable »

« Il y a une nécessité qui a été perçue par Nancy Pelosi et des membres de son caucus d’aller de l’avant, ça devenait insoutenable de ne pas sanctionner le président pour tous ses comportements », a estimé M. Cloutier Roy.

« Ce n’est vraiment pas un geste anodin ce qu’il a fait, mais c’est la goutte qui a fait déborder le vase, a renchéri Pierre Martin, directeur de la Chaire d’études politiques et économiques américaines à l’Université de Montréal. Il pourrait quand même être retenu dans l’Histoire comme un des seuls présidents à avoir été accusé. »

Andrew Johnson, en 1868, et Bill Clinton, en 1998, l’ont été avant lui.

– Avec l’AFP