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Forcés de conduire leurs enfants à l’école

Une Commission scolaire ne garantit pas le transport scolaire à cause de la pénurie de chauffeurs d’autobus

Caroline Brochu et ses deux filles, Abby et Lily-Mai, ont attendu l’autobus scolaire qui n’est jamais passé, lundi dernier, à Saint-Alexis, dans la région de la Lanaudière.
Photo Geneviève Quessy Caroline Brochu et ses deux filles, Abby et Lily-Mai, ont attendu l’autobus scolaire qui n’est jamais passé, lundi dernier, à Saint-Alexis, dans la région de la Lanaudière.

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SAINT-ALEXIS | Des enfants de Lanaudière pourraient poireauter seuls à leur arrêt d’autobus le matin et manquer l’école à cause de la pénurie de main-d’œuvre qui affecte le transport scolaire.

Lundi matin, dans Lanaudière, des jeunes ont attendu leur autobus scolaire qui n’est jamais venu, selon plusieurs parents avec qui Le Journal s’est entretenu.

La Commission scolaire des Samares, qui regroupe les écoles du nord de Lanaudière, a fait parvenir une lettre aux parents vendredi dernier, disant que le manque de personnel rendait difficile le remplacement d’un chauffeur en cas de maladie ou d’absence subite et que c’était leur responsabilité d’amener leur enfant à l’école.

La responsabilité aux parents

« Nous vous recommandons de ne pas laisser votre enfant attendre l’autobus seul, le matin. Dans l’éventualité où l’autobus ne passerait pas, nous vous invitons, si cela est possible, à assurer vous-même le transport de votre enfant ou à prévoir un transport de remplacement », peut-on lire dans la lettre dont Le Journal a obtenu copie.

« Vendredi, on a reçu la lettre de la Commission scolaire. Lundi matin, pas d’autobus. Ça commence bien », déplore Fanny St-George, de Saint-Alexis, dont les deux enfants fréquentent deux écoles différentes.

« On ne peut pas emmener les enfants à l’école avant l’heure de début des classes, car il n’y a pas de surveillant dans la cour d’école à cause de la pénurie de main-d’œuvre. Alors, il faudrait réussir à amener nos deux enfants dans deux écoles différentes, pile à la même heure ! » s’insurge la femme de 34 ans.

Caroline Brochu, aussi de Saint-Alexis, et qui travaille à Laval, 50 kilomètres plus loin, déplore que son enfant pourrait même manquer une journée d’école.

« Le matin, je vais conduire mes deux filles à la garderie, et c’est là que l’autobus prend ma plus grande qui est à la maternelle. Si l’autobus ne passe pas, la gardienne ne peut pas quitter les autres enfants pour aller conduire ma fille à l’école. Donc, on n’a pas le choix, elle manquera l’école pour rester à la garderie ! »

Guy Sirois, président du Groupe Gaudreault, qui assure le transport scolaire dans la région, se dit désolé de la situation.

Une cinquantaine de jeunes

« Pour l’instant, ce n’est qu’une cinquantaine d’enfants qui a été affectée, mais c’est déjà trop. On a deux personnes à temps plein ici pour le recrutement, on travaille fort pour arranger ça. »

La situation cause bien des maux de tête aux parents.

« Le problème, c’est qu’on ne le sait pas à l’avance et que ça peut arriver n’importe quand. Ça nous rajoute un stress, ça n’a juste pas de bon sens ! » s’indigne Mme Brochu.

La Commission scolaire des Affluents, qui gère le sud de Lanaudière, pourrait faire face au même problème.

« Pour l’instant, ça va, mais nos transporteurs sont constamment en recrutement. La situation est fragile », avance le porte-parole Éric Ladouceur.

La Commission scolaire des Samares n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue.