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Itinérance chez les femmes : manque de ressources disponibles à l'année

Dénombrement itinérants
Photo 24 heures, Marie Christine Trottier

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MONTRÉAL | À l’extérieur de la période hivernale, il manque de ressources pour éviter que les femmes en situation d’itinérance dorment dehors, même si la majorité de la population estime que la violence est la plus grande menace qui cible ces personnes. 

Selon un sondage instigué par l’organisme La rue des Femmes, près de six habitants du Grand Montréal sur dix reconnaissent que la violence est un danger plus important que la température hivernale pour les femmes sans domicile fixe. 

«Il y a comme un décalage pour moi. La population dit que la violence c’est la pire menace, mais on continue à fermer les abris à la fin de l’hiver», explique Léonie Couture, présidente et fondatrice de l’organisme. 

Mme Couture souligne d’ailleurs que son organisme refuse régulièrement une trentaine de femmes en raison d’un manque d’espace. «Il y a un manque de ressources, des lits d’urgence et de stabilisation. Une personne qui se retrouve dans la rue, ça ne va pas bien.» 

Contrairement à ce que croit plus du tiers des répondants au sondage, l’itinérance n’est pas un choix, souligne Léonie Couture. Les personnes en état d’itinérance ont souvent connu des abus dans leur passé et ont tout perdu, allant des amis au travail. «Ce n’est pas vrai qu’une personne se retrouve là par choix. Être toute seule, c’est presque la jungle», illustre-t-elle. 

Puits sans fond ? 

Le sondage, mené par la firme Ad hoc recherche, révèle également que 47 % de la population du Grand Montréal considère toutefois qu’aider une personne en situation d’itinérance sans soutient adéquat est un «puits sans fond». 

Ginette, qui a vécu sans domicile fixe durant neuf ans et qui a obtenu du soutien auprès de La rue des Femmes, est un exemple du contraire. L'aide qu'elle a reçue lui a permis de se reconstruire. 

«Ce qui m’a sauvée c’est la santé relationnelle. J’ai fait deux thérapies qui m’ont vraiment sauvée. Ça m’a permis de me réparer et de faire quelque chose. Tu n’es pas capable de sortir de ça seule, c’est dur», mentionne la Montréalaise qui préfère taire son nom de famille. 

Mme Couture se réjouit quand même que 97 % de la population sondée reconnaissent qu’avec le soutien adéquat, une personne itinérante peut sortir de la rue. «On n’est pas tout seul à penser qu’il manque quelque chose.»