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Qualité de l'enseignement: une «gestion déficiente» du ministère, dénonce un rapport

La qualité de l’enseignement ne fait pas l’objet d’un suivi rigoureux, déplore l’Institut du Québec

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La qualité de l’enseignement ne fait pas l’objet d’un suivi rigoureux, affirme l’Institut du Québec, qui dénonce la «gestion déficiente» à ce chapitre au ministère de l’Éducation.

Dans un rapport publié aujourd’hui, ce groupe de recherche issu d’un partenariat entre le Conference Board du Canada et HEC Montréal trace un portrait sombre des «lacunes» entourant le suivi de la qualité de l’enseignement dans le réseau scolaire québécois.

Or il s’agit du facteur le plus important pour lutter contre le décrochage scolaire, selon la recherche.

«Le portrait qui se dégage est décourageant», peut-on lire. Les critères d’admission dans les programmes universitaires en enseignement ne sont pas élevés. La qualité des programmes n’est pas évaluée. Les jeunes enseignants bénéficient rarement d’accompagnement lors de leurs premières années de travail. Les profs ne sont pas évalués et ne sont pas obligés de participer à des activités de formation continue.

Le ministère de l’Éducation «navigue à vue» avec des indicateurs qui ne sont pas à jour.

«À toutes les étapes, il y a des manques», lance Mia Homsy, directrice générale de l’Institut du Québec.

Dernier de classe

Le Québec est dernier de classe en matière de diplomation au Canada, rappelle Mme Homsy, auteure d’une étude publiée l’an passé à ce sujet qui a fait grand bruit.

D’où l’importance de donner un sérieux coup de barre, ajoute-t-elle.

Or la recherche en éducation a démontré que «l’élément qui influence le plus la réussite scolaire, c’est unanimement l’enseignant», affirme Mme Homsy.

À la recherche de solutions, l’Institut du Québec s’est penché sur les mesures en place dans des systèmes d’éducation performants comme la Finlande, les Pays-Bas, Singapour et plus près de nous, l’Ontario.

À la lumière de cette analyse, le groupe de recherche affirme que le ministère de l’Éducation, ou toute autre entité, devrait procéder à une évaluation en bonne et dûe forme des programmes d’enseignement, des programmes d’insertion professionnels pour les jeunes profs, de la formation continue offerte et suivie par les enseignants au fil des ans.

«Ça prend quelqu’un qui a comme rôle et responsabilité de suivre la qualité du parcours des enseignants», affirme Mme Homsy, qui ne va toutefois pas jusqu’à réclamer une évaluation systématique de chaque enseignant, comme c’est le cas en Ontario.

L’Institut considère aussi qu’une maîtrise à temps plein d’un an devrait être offerte afin de permettre à ceux qui ont complété un baccalauréat disciplinaire (en histoire, en mathématique ou en sciences par exemple) d’enseigner au secondaire, plutôt que d’offrir cette formation à temps partiel pendant quatre ans, comme c’est le cas présentement.

Il s’agirait d’une façon d’améliorer la qualité de l’enseignement tout en luttant contre la pénurie de profs dans le réseau scolaire, affirme Mme Homsy.

L’Institut propose aussi d’offrir un meilleur encadrement à tous les jeunes enseignants, ce qui devrait se mettre en branle cette année avec la création d’un programme national de mentorat annoncé par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Ce dernier a aussi annoncé son intention d’obliger les enseignants à suivre de la formation continue tout au long de leur carrière, une autre recommandation de l’Institut.