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Le nouveau déguisement de Justin

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Avant-hier, Justin s’est réveillé avec une grosse envie.

Il voulait se déguiser. C’est irrésistible chez lui.

Il voulait se déguiser en Greta Thunberg.

Il se mettrait un chemisier rose, de longues tresses, un air fâché, et il marcherait sur les genoux pour se rapetisser.

Niaiseux

J’imagine que son principal conseiller, Gerry Butts, temporairement écarté par l’affaire SNC-Lavalin, mais rentré au bercail depuis, car rien n’est jamais grave au PLC, lui a dit : « mauvaise idée ».

Justin a insisté : il voulait se déguiser... et c’est lui le patron. OK ?

On a négocié un compromis : Justin se déguiserait en champion mondial de l’environnement.

Faut tenter de tirer profit de l’ouragan Greta, non ?

Faut tenter de faire oublier le blackface le plus vite possible, non ?

C’est ce qui nous a valu la promesse justinienne de mardi : en 2050, le Canada produira zéro émission nette de carbone.

L’annonce est faite par le même gars qui a utilisé 4,5 milliards $ de fonds publics pour racheter l’oléoduc pétrolier Trans Mountain d’une entreprise privée l’an dernier.

Zéro... en 2050. Ridicule et totalement improvisé.

2050, c’est dans 31 ans. Il y aura huit élections fédérales d’ici là.

Plus c’est loin, plus c’est vague, disait le chef du Bloc. Il est trop gentil : c’est carrément idiot, et pas un expert n’a pris cela au sérieux.

Comment y parvenir concrètement ? La principale mesure annoncée sera la réduction de moitié de l’impôt des entreprises qui développeront des technologies produisant zéro émission.

C’est comme prétendre faire baisser le niveau des océans avec des cuillères à thé.

Pendant des années, Steven Guilbeault, aujourd’hui candidat libéral, a déchiré sa chemise sur les engagements creux en matière environnementale : regardez-le maintenant patiner sur la bottine.

Passons aussi sur le fait que les cibles pour 2030 paraissent déjà impossibles à atteindre.

C’est simple : les seules mesures qui permettraient réellement de faire des progrès notables seraient des hausses draconiennes du prix de l’essence et des impôts sur les grandes entreprises.

Le gouvernement qui fera ça n’est pas encore né au royaume du Ford F-150 et des VUS.

Pendant ce temps, on ne s’insurge guère contre le fait que Justin Trudeau boycotte le débat sur la politique étrangère, où il aurait dû répondre à des questions costaudes sur Trump, la Chine, Raif Badawi ou la vente de blindés canadiens à l’Arabie saoudite.

Typique

Si Justin est sérieux, il enclenche des années d’affrontement avec les gouvernements provinciaux.

Notre Justin, souvenons-nous, voulait que les gouvernements provinciaux imposent eux-mêmes un plafond sur leurs émissions de carbone.

Comme une demi-douzaine d’entre eux n’ont pas voulu, il a imposé une taxe fédérale, d’où la chicane actuelle avec l’Alberta, l’Ontario et les autres.

En ce sens, il est à la fois le fils de son père et typiquement libéral : le PLC a toujours su ce qui est bon pour tous au point de nous l’enfoncer dans la gorge.