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Les Québécois mangent du saumon OGM sans le savoir

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Depuis deux ans, le saumon génétiquement modifié (OMG) est bien présent au Québec, et les Québécois qui mangent ce poisson ne sont toujours pas informés de ce qu’ils consomment.

Au Québec, aucun étiquetage avertissant le consommateur que le saumon est génétiquement modifié n’existe, dénonce depuis des mois le groupe Vigilance OGM.

Bien avant son élection, le 7 novembre 2017, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait donné son appui à une pétition de plus de 20 000 noms, se positionnant en faveur d’un étiquetage sur les produits de saumon OGM.

Par ailleurs, en octobre 2018, la CAQ avait réitéré sa promesse d’étiquetage à travers le questionnaire post électoral du groupe Vigilance OGM, mais depuis l’élection du gouvernement Legault, le 1er octobre 2018, rien n’a été fait, dénoncent les militants.

Alors que le premier salon international canadien des produits de la mer ouvrait ses portes mercredi, Vigilance OGM a mené une action afin de sensibiliser les gens qui y participent, mais également les passants, au fait que ce produit est présent dans nos étalages sans étiquetage.

Des gens du milieu de l’aquaculture questionnés par TVA Nouvelles, qui ne voulaient pas apparaître à la caméra, semblaient peu informés de la problématique, alors qu’ils connaissent bien l’industrie.

Manque d’informations

Selon Thibault Rehn de Vigilance OGM, le problème est là: le manque d’information sur la question. «On construit une usine de production de saumon OGM à l’Île-du-Prince Édouard, mais des problèmes de contamination peuvent se produire», alerte le militant.

Des œufs de saumon OGM peuvent ainsi de retrouver dans la mer ou dans les cultures de saumon qui ne sont pas OGM.

TVANouvelles.ca a questionné plusieurs passants sur leur consommation de saumon OGM: certains ne comprenaient pas ce que le terme voulait dire, d’autres étaient inquiets de ne pas savoir ce qu’ils mangeaient, mais la plupart des passants jugeaient qu’il était nécessaire d’être informés. Certaines personnes croyaient même que OGM voulait dire meilleur pour la santé ou encore moins cher.

En juin 2016, Santé Canada a commandé un sondage qui montrait que 78 % des Canadiens étaient en faveur d’un étiquetage clair sur les produits OGM.

Selon la dernière étude disponible en date de mai 2018, 89 % des Québécois et Québécoise demandent d’étiquetage obligatoire des OGM.

Les arrivages de saumon OGM d’Aquabounty sont surveillés de près par Vigilance OGM qui a noté que 4,5 tonnes de ce poisson sont arrivées au pays en 2017 et 4,5 tonnes en 2018.

Au final, la quantité de ce saumon importée représente moins de 1 % de la quantité de saumon consommé au pays, mais avec la construction d’une usine de production dans l’est du Canada, ce poisson génétiquement transformé pourrait prendre encore plus de place sur nos étalages, sans que le public n’en soit informé.

Réaction de la CAQ

Au bureau du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, André Lamontagne, on indique attendre les résultats d'une étude au sujet d’une éventuelle appellation réservée ou un terme valorisant «sans OGM» menée par l’Observatoire de la consommation responsable, associé à l’Université du Québec à Montréal, pour documenter davantage le dossier.

«Par ailleurs, dans l’intérêt de l’industrie bioalimentaire québécoise, le gouvernement fédéral doit également prendre position dans ce dossier, car les produits sont vendus dans d’autres provinces canadiennes et sont exportés», a indiqué par courriel l'attachée de presse du ministre, Laurence Voyzelle.