/portemonnaie/entrepreneurship
Navigation

Quatre commerçants nous expliquent pourquoi ils seront fermés pour participer à la grève climatique

Coup d'oeil sur cet article

Depuis peu, plusieurs commerces annoncent sur les réseaux sociaux qu’ils fermeront le 27 septembre afin de permettre à leurs employés de participer à la Grève pour le climat.

L’équipe de porte-monnaie a recueilli les propos de quelques-uns des entrepreneurs et employeurs qui ont décidé de mettre la clé dans la caisse enregistreuse pendant quelques heures.

Pierre-Olivier Masse, propriétaire du café Carmen & Felipe

Pierre-Olivier Masse pose devant son café pour afficher son soutien à la cause
Crédit: Carmen et Felipe
Pierre-Olivier Masse pose devant son café pour afficher son soutien à la cause

Pour le propriétaire du café situé sur le Plateau Mont-Royal, la décision allait de soi puisque la nature symbolique du geste est très puissante.

«Dans le contexte électoral et avec la présence de Greta, la portée de l’évènement est immense.» 

Mais l’entreprise mise sur bien plus dans ses affaires quotidiennes pour contribuer concrètement à la cause. 

«Depuis un an, on a une véritable révolution en cours. L’environnement est devenu la pierre angulaire de l’entreprise.»

L’homme d’affaires affirme qu’il mène la bataille sur une dizaine de «chantiers».  

Il concède que si quelques clients ont été réfractaires au changement dans les premiers temps, son équipe a énormément misé sur l’éducation, et les efforts ont finalement rapporté.

D’ailleurs, il mentionne que ses employés ont accepté de ne pas être payés ce vendredi après-midi. (le café sera ouvert en matinée)

Aude Le Dubé, propriétaire de la boutique État de Style

La devanture de la boutique État de Style
Crédit: boutique État de Style
La devanture de la boutique État de Style

Militante écologique en France dans les années 80, Aude Le Dubé n’a pas hésité à fermer son commerce pendant quelques heures pour participer à la marche pour le climat du 27 septembre. «J’étais très active à l’époque, mais ma ferveur environnementale s’est un peu essoufflée dans la dernière décennie», raconte l’ancienne écrivaine.

Tenant tout de même à faire sa part, l’entrepreneure a mis sur pied État de Style, une boutique de vêtements éthiques pour femmes située sur la rue Duluth qui a vu le jour il y a un peu plus d’un an.

Comme Mme Le Dubé n’a qu’une employée à temps partiel, gérer le déroulement de la journée ne s’est pas avéré très difficile. «Je tiens à la payer malgré le fait qu’il n’y aura pas de client pendant ces quelques heures. C’est une question de principe.»

«Je me sens quelque peu responsable de l’état de la planète puisque c’est ma génération, les baby-boomers, qui a fait l’autruche pendant des années. Je me suis dit que de montrer mon soutien à un tel mouvement serait une manière de me racheter en quelque sorte et de réveiller la militante qui sommeille en moi», lance-t-elle en riant.

Vincent Dessureault, cofondateur du café le 5e

Le cofondateur du café Vincent Dessureault (à gauche)
Crédit: Café le 5e
Le cofondateur du café Vincent Dessureault (à gauche)

Alors que plusieurs commerçants ont eu vent de l’initiative en recevant des cartons de fermeture temporaire préremplis , les gestionnaires du café de Verdun avait déjà prévu de fermer boutique à partir de midi ce vendredi.

La participation à la marche est un incontournable pour Vincent : «On est une entreprise très engagée à la base. La cause environnementale est au cœur de notre mission depuis le début.»

Le populaire café situé sur la rue Wellington fonctionne selon les principes du zéro déchet.

Un tour de force impressionnant dans l’industrie de la restauration, mais entièrement réalisable selon Vincent. «On élimine les déchets à la source. Par semaine, on produit environ l’équivalent d’une poubelle résidentielle.»

Pour ce faire, l’entreprise a éliminé les objets à usage unique.

À ceux qui croient qu’il n’est pas rentable de mettre de l’avant des pratiques écoresponsables, le cofondateur du café ouvert il y a deux ans répond : «Il y a un engouement au niveau de la clientèle. Dans notre cas, les gens ont démontré qu’ils sont prêts à faire l’effort pour amener leur propre contenant ou consommer sur place.»

Dardan Isufi, copropriétaire de la coopérative de covoiturage Eva

Dardan Isufi (à droite) en compagnie de quelques-uns de ses employés
Crédit: Eva
Dardan Isufi (à droite) en compagnie de quelques-uns de ses employés

Depuis qu’il a lancé sa coopérative de covoiturage il y a deux ans, Dardan Isufi et son partenaire d’affaires Raphaël Gaudreault ont mis l’environnement au cœur des valeurs de l’entreprise Eva.

«Notre but est que chaque place disponible dans un véhicule soit prise pour éviter le gaspillage.»

Selon lui, on compte des millions de sièges vides tous les jours dans les véhicules de la métropole, «un gaspillage important qui nuit à la planète».

Vendredi, l’entreprise de six employés fermera boutique.

«Ce n’est pas la première fois qu’on fait ça. On avait fait la même chose en mai dernier pour un évènement similaire».

«Même si marcher ne résout en rien les enjeux climatiques, je crois que de se rassembler en citoyens pour montrer notre mécontentement est important. Les gens veulent se sentir soudés et c’est important pour nous de faire partie de cette union».

Suivez-nous sur
les réseaux sociaux