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Radio-Canada et l’horrible loi 21

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Cet été, Radio-Canada a présenté un reportage sur une enseignante sikhe portant­­­ le turban, qui aurait­­­ « fui » la province pour échapper à la loi 21.

Un reportage biaisé, dénoncé de toutes parts. Or, dans une lettre envoyée à des citoyens qui s’étaient plaints, Radio-Canada­­­ démontre clairement que ce reportage n’était tout simplement pas à la hauteur des standards de la société d’État.

VICTIMITE AIGUË

Le 23 août, Radio-Canada publie un texte intitulé : Une enseignante sikhe fuit le Québec en raison de la loi sur la laïcité. On y raconte l’histoire d’Amrit Kaur, « forcée » de s’installer en Colombie-Britannique­­­ parce que la loi 21 lui interdit de porter un signe religieux.

Mathieu Bock-Côté, moi, et de nombreux citoyens avons dénoncé ce reportage biaisé et franchement alarmiste.

J’ai obtenu copie de la lettre que Martin Bisaillon (Relations citoyennes, direction de l’Information) a envoyée à une citoyenne qui s’est plainte.

Il y fait la liste des correctifs apportés APRÈS la très large diffusion du reportage initial. Je la reproduis ici intégralement...

1. Modification du titre de l’article pour remplacer le verbe fuir par le verbe quitter.

2. Ajout, dans le chapeau (sous le titre) et dans le texte, que l’Organisation mondiale des sikhs du Canada, dont Amrit Kaur est vice-présidente pour le Québec, avait joint la contestation de la loi 21 devant les tribunaux.

3. La version originale mentionnait, sous ses déclarations en exergue, le rôle de Mme Kaur au sein de cette organisation. Pour plus de clarté, nous l’avons également précisé dans le chapeau.

4. Ajout du fait que Mme Kaur a obtenu son diplôme d’enseignante de l’Université d’Ottawa.

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5. Précision voulant que la loi 21 n’aurait pas interdit à cette nouvelle enseignante d’occuper un emploi dans un établissement du secteur privé au Québec.

6. Ajout des commentaires et réactions des porte-parole des facultés des sciences de l’éducation des universités Laval et de Montréal, qui n’ont recensé aucun cas de diplômés en sciences de l’éducation en 2019 ayant le quitté le Québec pour se soustraire à la loi 21.

7. Ajout des remarques de Leila Bensalem, une enseignante musulmane, suppléante à la Commission scolaire de Montréal, et militante pro-laïcité­­­.

8. Invitations aux ministres Jean-François Roberge et Simon Jolin-Barrette pour réagir à ce texte. Aucun n’a souhaité y donner suite.

9. Rappel, dans un encadré, du cadre juridique de la loi 21.

10. Publication d’une mise au point sur Radio-Canada.ca. »

Donc, on est passé de : « Une enseignante ordinaire a fui le Québec » à « Une militante engagée contestant la loi 21 devant les tribunaux, qui n’est pas diplômée d’une université québécoise, a quitté de son plein gré le Québec pour aller enseigner dans une école privée (ce qu’elle aurait très bien pu faire au Québec) et il n’y a aucun cas connu au Québec de diplômés en enseignement qui ont quitté la province à cause de la loi 21 ».

Ayoye ! Ça s’appelle un pétard mouillé, ça !

FAKE NEWS

Je trouve louable que la direction de l’information ait fait les changements énoncés. Mais comment le reportage initial (bâclé, biaisé, mensonger) a-t-il pu être approuvé et diffusé ?

Peut-on compter sur la neutralité de la société d’État dans un dossier aussi explosif que celui de la laïcité ?