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Des maisons à découvrir: La maison Dorion-Coulombe

La maison Dorion-Coulombe est le lieu d’accueil pour le centre d’interprétation de la rivière Saint-Charles et le siège social de la Société de la rivière Saint-Charles.
Photo Société de la rivière Saint-Charles La maison Dorion-Coulombe est le lieu d’accueil pour le centre d’interprétation de la rivière Saint-Charles et le siège social de la Société de la rivière Saint-Charles.

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Construite au cours du dernier quart du 18e siècle, la maison Dorion-Coulombe serait l’une des plus vieilles maisons de Vanier et du Vieux-Limoilou.

La maison Dorion-Coulombe est localisée au 332, rue Domagaya, dans le Vieux-Limoilou, à Québec. Il s’agirait de l’une des plus vieilles maisons de Vanier et du Vieux-Limoilou.
Photo Société de la rivière Saint-Charles
La maison Dorion-Coulombe est localisée au 332, rue Domagaya, dans le Vieux-Limoilou, à Québec. Il s’agirait de l’une des plus vieilles maisons de Vanier et du Vieux-Limoilou.

Voyage dans le temps

Érigée par la famille Dorion le long de la rivière Saint-Charles, la maison Dorion-Coulombe serait également l’une des cinq fermes fondées dans l’actuel quartier de Vanier. En 1915, la propriété change de main et est acquise par la famille Coulombe. Elle devient même pendant quelques années le bureau de poste. Puis, en 1975, c’est au tour de l’architecte Cardwell Ross Anderson de s’en porter acquéreur dans le but de la sauvegarder. Après deux déménagements, la maison est finalement relocalisée au 332, rue Domagaya, dans le Vieux-Limoilou, à Québec.

En 2000, la ville de Québec en prend possession et entame un important projet de restauration. La maison Dorion-Coulombe devient alors le lieu d’accueil pour le centre d’interprétation de la rivière Saint-Charles et le siège social de la Société de la rivière Saint-Charles. La maison sert ainsi de porte d’entrée du parc linéaire de la Rivière-Saint-Charles. Lieu de sensibilisation, une exposition permanente y est présentée mettant en valeur l’histoire des écosystèmes naturels riverains. Mais la nature n’est pas le seul élément mis de l’avant. En effet, l’architecture de la maison fait partie intégrante de l’exposition.

Riche architecture patrimoniale

La maison Dorion-Coulombe revêt un caractère architectural important puisqu’il s’agit d’un authentique exemple de maison rurale québécoise. On y trouve un mélange des styles, à la fois français et néo-classique.

On reconnaît son côté français au volume imposant de la structure, à la forme du toit à deux versants, au solage bas, de même qu’à la cheminée de pierres aménagées au cœur de la maison. Quant à la disposition asymétrique des fenêtres, elle relève du style néo-classique.

Certaines adaptations dites plus récentes sont d’origine anglaise. La longue galerie couverte d’un avant-toit, qui a par ailleurs nécessité la modification de la toiture originale, et les lucarnes percées aux combles en sont de bons exemples.

Rénovations complexes

Les rénovations entreprises en 2005 comportent de nombreuses difficultés. Pour commencer, la Maison Dorion-Coulombe est très peu documentée. Les experts ont accès à des plans relevés en 1975, mais n’ont aucune photo. Autre point de taille : la maison a connu de meilleurs jours et a besoin de beaucoup d’amour. La décision est donc prise de rénover dans l’esprit du 19e siècle.

L’extérieur de la demeure a changé plusieurs fois au fil du temps. À l’origine, elle était sans doute recouverte de planches verticales. Elles ont ensuite été remplacées par un déclin de bois horizontal au 19e siècle, puis par des bardeaux de cèdre. Aujourd’hui, la façade et les deux murs latéraux sont recouverts de planches horizontales. À l’arrière, on y trouve plutôt des planches verticales, comme ce qui y a été découvert lors de la rénovation.

La charpente à cheville de la maison Dorion-Coulombe.
Photo Société de la rivière Saint-Charles
La charpente à cheville de la maison Dorion-Coulombe.

La charpente à cheville aussi mérite qu’on s’y attarde. Entièrement construite en bois, ne cherchez pas les clous! On y trouve des madriers de 12 pouces sur 8 pouces équarris à la hache. Quant à la lisse et la sablière, elle mesure 40 pieds de long. Encore une fois, les mélanges des styles se retrouvent dans la maison, puisque la charpente est à mi-chemin entre la charpente médiévale, celle du 17e siècle et celle du 19e siècle. Autre aspect intéressant : la croix de Saint-André. Cet élément de construction avait pratiquement disparu à cette époque.

Pendant les travaux, certains éléments ont donné du fil à retordre. C’est notamment le cas de l’escalier qui a dû être entièrement refait en respectant les normes actuelles, et ce, en dépit du faible espace qui lui était consacré à l’origine. Pas toujours évident de marier le passé et le présent!

Les planchers étaient quant à eux dans un piteux état. En rassemblant les planches en bonne condition de toute la maison, on parvient à refaire le plancher du rez-de-chaussée en utilisant seulement des matériaux d’origine.

Maisons du Patrimoine

La croix de Saint-André, un élément de construction qui avait pratiquement disparu à cette époque.
Photo Société de la rivière Saint-Charles
La croix de Saint-André, un élément de construction qui avait pratiquement disparu à cette époque.

Mentionnons en terminant que la maison Dorion-Coulombe fait partie du réseau Maisons du patrimoine. Ce réseau regroupe des lieux patrimoniaux qui appartiennent à la Ville de Québec et dont la mise en valeur repose sur une offre de service en muséologie. Ces espaces muséaux mettent en lumière l’histoire des lieux et de leurs occupants, le patrimoine, l’environnement, les sciences ou les arts visuels.