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L'expertise de Saint-Luc

8 avris 1936

L'expertise de Saint-Luc
Photo courtoisie Archives de la Ville de Montréal, VM94-Z121.

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Aujourd'hui
Photo Chantal Poirier
Aujourd'hui

LE POPULAIRE HÔPITAL SAINT-LUC

Nous sommes en 1908 quand le docteur Fleury et ses associés rénovent, pour 10 000 dollars, une maison de la rue Saint-Denis qui deviendra un dispensaire de neuf lits du nom du saint patron des médecins. Non loin du port et des quartiers les plus pauvres de la ville, ils se promettent d’accueillir, gratuitement, toute personne, notamment les enfants, ayant besoin de soins, sans égard à sa religion, sa fortune ou son origine. Bien vite, le visage populaire, ouvrier et parfois miséreux du quartier conditionne les soins donnés à Saint-Luc, qui se spécialise dans les maladies vénériennes, l’ophtalmologie ou la dentisterie. Une quantité de lits sera d’ailleurs toujours réservée pour les personnes sans-abri du quartier ou les marins de passage à Montréal. Dès les années 1920, on passe vite à 400 lits, et on érige la nouvelle façade rue Saint-Denis dans les années 30. L’importance de l’hôpital se confirme à partir du moment où le gouvernement du Québec instaure l’assurance-hospitalisation, au début des années 60. Aujourd’hui, l’ancien hôpital Saint-Luc est incorporé au nouveau Centre hospitalier universitaire de Montréal.

LA RADIOGRAPHIE : UNE SPÉCIALITÉ CRUCIALE

L'expertise de Saint-Luc
Photo courtoisie Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 06M_E6S7SS1_P057541.

Les premiers appareils de radiographie, conséquence de la découverte des rayons X à la fin du XIXe siècle, permettent une révolution dans le monde médical. Voir une blessure à travers les tissus d’un patient s’avère une avancée extraordinaire. Et puis on se rend vite compte que ce sera utile pour diagnostiquer des maladies ! Cet homme est vraisemblablement en train de participer à une clinique de dépistage pour la tuberculose. Dans les années 40, cette maladie des poumons, encore appelée « consomption », fait des ravages, et le Québec tire de l’arrière au chapitre du diagnostic. Moins du tiers de la population a subi un dépistage, et 81 personnes sur 1000 en meurent. Le gouvernement vote même une loi pour octroyer 10 millions de dollars aux différents hôpitaux pour l’achat de matériel et la formation de spécialistes. Pourtant, on peut penser que l’examen est aux frais du patient. L’assurance-maladie n’arrivera que dans les années 70.

PILULES SUR PLACE

Le fait d’avoir une pharmacie à côté, voire à l’intérieur d’un hôpital paraît aller de soi de nos jours. Cette pratique est pourtant relativement récente. Jusqu’aux années 50, ce sont souvent des religieuses qui s’occupent de la pharmacie. L’évolution de la profession de pharmacien amène ceux-ci à prendre en charge les pharmacies des hôpitaux. Parlant d’effet guérisseur, les cigarettes auraient-elles déjà eu cette réputation ? La publicité des Sweet Caporal qui trône sur le mur de la pharmacie ferait aujourd’hui sourciller. Or, on sait qu’avant les années 1960, les publicités des compagnies suggèrent souvent que de nombreux médecins auraient approuvé l’usage de la cigarette. En effet, si la feuille de tabac était considérée par les anciens comme une plante aux propriétés médicinales, sa transformation en cigarette, impliquant de nombreux produits chimiques, crée plutôt un produit dont on connaît aujourd’hui les effets néfastes.

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