/misc
Navigation

Scénario unique, digne de l’Île

Roger Letendre et ses fils Simon, Éric et Martin exhibent fièrement leur récolte annuelle effectuée dans le secteur McDonald à la Sépaq Anticosti.
Photo courtoisie Roger Letendre et ses fils Simon, Éric et Martin exhibent fièrement leur récolte annuelle effectuée dans le secteur McDonald à la Sépaq Anticosti.

Coup d'oeil sur cet article

Plus un territoire est giboyeux, plus on a de chance d’y observer des scènes mémorables.

Au fil des dernières décennies, Roger Letendre, de Saint-Hyacinthe, s’est rendu à Anticosti à une vingtaine de reprises pour y pratiquer la chasse au cerf de Virginie. Depuis quatre ans, il organise une expédition annuelle à la Sépaq Anticosti, dans le secteur de McDonald, avec ses trois fils, Simon, Éric et Martin.

Coït interrompu

Parmi toutes les aventures qu’ils ont vécues ensemble, c’est celle de la rivière Patate qui les a le plus impressionnés.

En 2017, tandis qu’il ne restait que quelques heures à ces passionnés pour capturer leurs trois chevreuils manquants, ils ont aperçu deux mâles et une femelle à environ 225 mètres du pont engendrant le cours d’eau.

Le gros 10 pointes se dirigeait vers la biche avec la ferme intention de passer à l’acte. Martin est alors descendu de la camionnette. Il a visé et intercepté ce beau buck. Au même moment, à quelques mètres de distance, il y avait un autre prétendant coiffé d’un panache de neuf pointes.

Voyant son principal concurrent étendu au sol et ne représentant plus de menaces, il s’est empressé de monter la femelle. Tandis que ce dernier y allait avec entrain, Simon l’a atteint mortellement au cou. La pauvre biche en chaleur venait de voir ses deux amoureux s’effondrer sans avoir été servie. Devant cette situation, Éric l’a mise en joue et l’a tirée. En moins de trois minutes, ils venaient de compléter leur tableau de chasse.

Décompte

En 2005, l’inventaire effectué par les techniciens de la faune indiquait qu’il y avait 166 000 chevreuils sur l’île d’Anticosti. Si on prend en considération que ce lopin de terre, situé au cœur du Saint-Laurent, mesure 222 kilomètres de longueur par 56 de largeur, on obtient une superficie totale de 7943 km². On découvrait à partir de ces chiffres qu’il y avait une densité de 20 cerfs au kilomètre carré. Juste sur le territoire de la Sépaq Anticosti, qui s’étend sur plus de 4085 km², on retrouvait 85 300 cervidés.

Il est toutefois important de savoir et de réaliser que la capacité de support de l’habitat de l’île est évaluée par les spécialistes du MFFP à 125 000 bêtes. À 166 000 cerfs, l’île était en surpopulation en fonction de la disponibilité de la nourriture sur le terrain, ce qui rendait les bêtes plus fragiles et moins aptes à survivre aux saisons hivernales.

Impacts

Comme partout ailleurs au Québec et dans certaines autres provinces, de nombreux cheptels ont été lourdement touchés par la rigueur des hivers 2008, 2014 et 2015, suivis de périodes de verglas et de printemps tardifs.

Anticosti n’y a pas échappé. Ce site unique a toutefois un pouvoir de régénération extraordinaire qui explique l’accroissement rapide de la population à la suite des saisons froides trop rigoureuses. À preuve, cette année, tout comme en 2018, on voit plusieurs femelles avec deux et même trois rejetons.

Toutefois, selon de nombreux intervenants interrogés, ainsi que des guides et de nombreux clients, la population des cheptels se situerait probablement maintenant autour de 100 000. Même si la baisse sur 14 ans semble draconienne, il ne faut pas oublier que la plus grosse pourvoirie de chasse au chevreuil au monde propose encore la meilleure densité avec plus de 12 bêtes au kilomètre carré. Si mère Nature peut être clémente pendant quelque temps, je ne serais pas étonné que la population dépasse à nouveau la barre des 125 000, car on dénombre en moyenne de 30 000 à 35 000 naissances par année. Il faut savoir que le taux de mortalité a été minime cette année, ce qui occasionnera des spécimens plus massifs et plus résistants.

De plus, selon les biologistes du MFFP, le cheptel pourrait aisément soutenir un effort de chasse allant jusqu’à 15 % sans affecter le capital faunique. Imaginez, les 2100 clients de la Sépaq Anticosti n’en prélèvent que 7 %.

Le site

Les adeptes peuvent opter pour des séjours à compter de 1680 $ avec le transport en avion inclus de Mont-Joli. Il y a également une gamme étendue de 12 autres forfaits variés allant jusqu’au plan américain et même au combiné royal.

Chaque groupe à la possibilité d’exploiter l’un des 25 territoires d’une taille moyenne de 104 km².

Le tout est ceinturé par un réseau de 1 700 km de routes et de 2700 km de sentiers aménagés. Si vous craignez de vous aventurer en forêt, sachez que tous les sentiers sont bien identifiés et qu’on remet une carte topographique électronique à chaque chef de groupe.

La saison de chasse s’étend de la fin août à la mi-décembre. Normalement, en septembre, le gibier est plus facile à déjouer, car il n’est pas encore habitué à la présence de l’homme.

Le mois d’octobre est réputé pour être un peu plus difficile, mais c’est à ce temps de l’année que les bucks atteignent leur poids maximal avant la saison des amours. La période la plus active est sans contredit novembre, car le rattling et le grunt peuvent occasionner de très belles surprises. Si vous souhaitez observer un phénomène unique, vous apprécierez la migration de décembre lorsqu’il y a 30 cm et plus de neige.


► Pour en savoir plus sur cette île enchanteresse, composez le 1 800 463-0863 ou visitez le site sepaq.com/anticosti

► Je vous invite à me suivre sur Facebook.