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Première année de la CAQ au pouvoir: «quelqu’un protège notre nation», affirme le premier ministre François Legault

Francois Legault
Simon Clark/Agence QMI Le premier ministre du Québec, François Legault.

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L’arrivée au pouvoir de la CAQ a permis à la majorité historique de reprendre ses droits au Québec, affirme le premier ministre François Legault dans une entrevue-bilan sur la première année de son gouvernement.

Comme il l’a fait à plusieurs reprises au cours des derniers mois, le premier ministre caquiste évoque d’entrée de jeu une « fierté » retrouvée des Québécois, particulièrement chez les francophones.

« Les demandes qu’on a faites à Ottawa, le fait qu’on a modifié les règles concernant la francisation, concernant le choix des immigrants, concernant le nombre d’immigrants. Je pense que les gens se disent : il y a quelqu’un qui protège notre nation », affirme le premier ministre lors d’un entretien dans ses bureaux de la colline parlementaire, à Québec.

Ainsi, la majorité historique francophone « reprend la place qu’elle aurait toujours dû avoir », affirme-t-il.

Couillard critiqué

Tout en vantant son bilan, M. Legault n’hésite pas à dénoncer vivement le précédent gouvernement libéral, qui « regardait de haut les Québécois ». « C’était plus un gouvernement qui était un peu aux ordres d’Ottawa, qui n’était pas revendicateur, qui ne faisait pas la promotion du français, qui traitait les Québécois – en me traitant d’intolérant – traitait beaucoup de Québécois d’intolérants », dit-il au sujet de son prédécesseur, Philippe Couillard.

Cette attitude de l’ex-premier ministre « étouffait la fierté d’être Québécois », affirme le chef caquiste. « Les gens ne se reconnaissaient pas dans leur gouvernement et ne sentaient pas que le gouvernement défendait leur langue, leur culture, leurs valeurs. Ce qu’ils sont, dans le fond », ajoute-t-il.

Main tendue aux Anglos

Pour François Legault, l’adoption d’une loi sur la laïcité a fortement contribué à ce sentiment de fierté retrouvée qu’il perçoit chez les Québécois. Et même si cette interdiction a été vivement dénoncée par les communautés anglophones et musulmanes, le premier ministre souligne que celles-ci ne sont pas monolithiques. Des anglophones et membres de communautés culturelles l’arrêtent « régulièrement » pour le féliciter, relate-t-il. Certains ont fui un pays où les femmes étaient obligées « de porter certains vêtements ». « Donc, il y a des gens de différentes communautés qui sont contents de voir ça. »

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M. Legault estime d’ailleurs que le Québec a « pas mal tourné la page sur la question des signes religieux », trois mois après l’adoption du projet de loi 21. Celui-ci a permis de définir un « carré de sable » en stipulant que seuls les employés de l’État en position d’autorité doivent afficher leur neutralité. « Maintenant, les gens savent que, s’ils veulent se promener dans la rue avec un signe religieux, ils peuvent le faire au Québec », dit le chef caquiste.

Quant aux anglophones, ils ont été échaudés par le transfert forcé de trois de leurs écoles au réseau francophone et craignent maintenant de perdre le contrôle de leurs établissements avec l’abolition des commissions scolaires. Toutefois, selon un scénario qui circule, Québec permettra aux anglophones de conserver leurs élections scolaires au suffrage universel, alors que celles-ci seront abolies sur le reste du territoire. « Je ne veux pas dévoiler ce sur quoi on est en train de travailler [...], mais effectivement, je veux tendre la main aux anglophones », plaide M. Legault.

Maternelles 4 ans : Legault veut convaincre

Confronté aux résultats d’un sondage Léger – Le Journal, qui révèle que seulement 38 % des Québécois appuient le déploiement de la maternelle 4 ans partout au Québec, François Legault choisit de voir le verre à moitié plein. « Actuellement, il y a à peu près 10 % de la population du Québec qui a accès à la maternelle 4 ans. Si on dit qu’il y en a 38 % qui souhaitent la maternelle 4 ans, il y a de la place pour en ajouter 28 % », argue-t-il.

Malgré ce faible appui populaire, le déploiement ira de l’avant, quitte à convaincre les Québécois en cours de route. Après tout, le chef caquiste s’était dit prêt à mettre son siège en jeu sur cette question en campagne électorale. « Donnez-moi dix parents dans une salle pendant une heure de temps et ils vont être convaincus, fait valoir M. Legault. Il faut prendre le temps d’expliquer ce que c’est. Surtout qu’on a des Bonhommes Sept Heures : le Parti libéral, le PQ, et évidemment les gens des CPE qui font peur au monde. »

« Honnêtement, je ne comprends pas les opposants à la maternelle 4 ans. Je ne comprends pas ça. C’est juste du positif, il n’y a rien de négatif ! », ajoute-t-il.

Fréquenter l’école dès 4 ans aiderait notamment à dépister plus rapidement les difficultés d’apprentissage. « Je suis en politique, entre autres, pour aider les enfants à réussir et je suis convaincu que les maternelles 4 ans sont un élément fondamental pour que plus de jeunes réussissent », plaide cet ex-ministre de l’Éducation.

Environnement

Quant aux critiques sur son bilan en environnement, François Legault promet que les résultats viendront. Il cite ses nombreux engagements en transport en commun, dont les tramways de Québec, de l’Est-de-Montréal et de Longueuil, ainsi que les cinq nouvelles stations de la ligne bleue du métro de Montréal et les prolongements possibles du REM au nord et au sud de la métropole. « Disons que, dans les prochaines années, on les démarre, tous ces projets-là : on va être les champions de tous les gouvernements en transport en commun. Et ça ne veut pas dire que ça va être les seules mesures. »

Le premier ministre déplore d’ailleurs que l’initiateur du Pacte pour la transition, Dominic Champagne, ait affirmé la semaine dernière qu’il se comporte en « climatosceptique ». « Comme si je ne croyais pas à la science », relève-t-il.

« Dominic Champagne, il a des amis communs avec moi, il le sait que je ne suis pas climatosceptique, lance-t-il. Aller dire ça, ça le rend radical et ça lui fait perdre de la crédibilité. »

Ce qu’il a dit sur...

Sa première année au pouvoir

« C’est une année qui s’est passée mieux que ce que j’anticipais. C’est difficile la job de premier ministre et être au gouvernement, mais je sens, quand je rencontre les gens, qu’ils sont contents, ils sont fiers, ils sont presque soulagés. »

Les opposants au troisième lien

« Il y a des groupes dogmatiques qui n’ont pas encore accepté que le Québec est constitué aussi de régions peu peuplées où on ne peut pas avoir des tramways pour tout le monde. C’est bien beau avoir des autos électriques, mais il faut avoir des routes pour faire rouler les autos électriques. Mais on dirait que ces gens-là, ça ne leur rentre pas dans la tête. Ils sont dogmatiques. »

Ses relations avec les anglophones

Le fait d’être un « ancien ministre péquiste, ça fatigue beaucoup certains anglophones. Ça me colle à la peau. »

La souveraineté

« [La question nationale], elle va se poser beaucoup moins. C’est certain que les gens, actuellement, ne veulent pas entendre parler de la souveraineté du Québec. Et c’est sûr qu’en faisant des gains pour protéger notre identité, ça va être encore moins d’actualité. »