/news/elections
Navigation

Impôt aux géants du web: Trudeau dit avoir été influencé par ses discussions avec les alliés du Canada

Impôt aux géants du web: Trudeau dit avoir été influencé par ses discussions avec les alliés du Canada
Photo d'archives, Reuters

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | Les discussions menées ces dernières années par les libéraux avec les partenaires du Canada à l’étranger sont la raison pour laquelle ils ont changé leur fusil d’épaule et ont décidé de taxer les géants du web, a dit Justin Trudeau lundi.  

«On avait fait une promesse en 2015 de ne pas le faire et on ne l’a pas fait. Mais au cours des dernières années, on a commencé à parler avec nos partenaires à l’international qui font face aux mêmes défis que nous», a expliqué le premier ministre sortant en marge d’un arrêt de campagne à Toronto.  

En dévoilant leur plateforme électorale complète, dimanche, les libéraux ont annoncé qu’ils prélèveraient un impôt de 3 % sur les revenus des géants du web générés par les publicités en ligne et les données de leurs utilisateurs. Cet impôt entrerait en vigueur en avril, advenant que les libéraux soient reportés au pouvoir.  

L’équipe Trudeau s’engage en outre à ce que ces entreprises étrangères du numérique aient éventuellement à percevoir et versent la même taxe de vente que les compagnies canadiennes, soit la TPS.  

«On voit, malheureusement, que ces grandes compagnies ont souvent la capacité de ne pas payer leurs impôts et nous allons nous assurer qu’ils vont faire leur part parce que c’est important, dans un monde qui est de plus en plus numérique et mondialisé, que les règles s’appliquent à tout le monde», a dit M. Trudeau lundi.  

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Pourtant, les libéraux ont refusé durant tout leur premier mandat d’adopter cette ligne dure envers les géants du web, faisant valoir que cela aurait des répercussions sur les consommateurs canadiens.  

«L’argument de M. Trudeau, il y a quatre ans, qu’une taxe sur ces revenus [...] allait faire augmenter les prix ne tient pas la route d’un point de vue économique», croit Rodrigue Tremblay, professeur au département de sciences économiques de l’Université de Montréal.  

La vraie raison de l’obstination des libéraux était purement de nature politique à ses yeux.  

«Étant donné que beaucoup de ces grandes compagnies sont américaines et que le Canada était en renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain, M. Trudeau craignait d’offusquer le président américain Donald Trump, qui tend à se venger contre les pays qui attaquent selon lui les compagnies américaines», a ajouté M. Tremblay.  

Lundi, M. Trudeau a insisté sur sa volonté d’emboîter le pas à d’autres pays qui ont aussi opté pour un impôt de 3 %.  

«Nous nous alignons avec la France, le Royaume-Uni et d’autres pays qui vont s’assurer que les géants du web qui font des profits et créent des revenus ici au Canada paient leur juste part d’impôt sur ces revenus», a-t-il dit.  

Le chef conservateur a aussi évoqué la possibilité, dimanche à l’émission «Tout le monde en parle», de sévir contre les géants du web. Appelé à donner plus de détails lundi, Andrew Scheer a toutefois dit vouloir attendre «quelques jours» avant d’en dire plus.