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L’alpiniste Andrzej Bargiel renonce à descendre l’Everest à ski

Mont Everest
Photo d'archives, AFP

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KATMANDOU | L’alpiniste polonais Andrzej Bargiel, engagé dans un vertigineux projet de dévaler à ski les plus hautes montagnes de la Terre, a annoncé lundi renoncer à sa tentative de descendre l’Everest, en raison de conditions trop dangereuses.

Le Polonais de 31 ans se trouve depuis trois semaines au camp de base du sommet de 8848 mètres, mais n’a pas progressé au-delà à cause d’un bloc de glace imposant comme un immeuble. La situation menaçante de ce dernier entraîne les abandons en chaîne des expéditions d’automne de l’Everest et du Lhotse voisin.

Ce sérac haut de 50 mètres et large de 30 est suspendu à 800 mètres au-dessus de la cascade de glace du glacier du Khumbu, passage périlleux et obligé entre le camp de base et le camp 1. Il est susceptible de s’effondrer sur la voie à tout moment.

« Marcher en dessous, à travers la cascade de glace, est extrêmement dangereux. Malheureusement, je ne veux et ne peux accepter un tel risque », a déclaré Andrzej Bargiel dans un message posté sur sa page Facebook.

« Nous sommes ici depuis longtemps, il n’y aucune avancée au-delà du camp de base. Nous devons donc mettre fin à notre expédition, car c’est la décision la plus raisonnable », a-t-il poursuivi, en publiant une vidéo de drone de l’impressionnant sérac.

L’Everest a été descendu à ski plusieurs fois, mais jamais intégralement et sans recours à des bouteilles d’oxygène, comme souhaite le faire l’alpiniste polonais.

Andrzej Bargiel s’est fait un nom avec ses descentes à ski de plusieurs « 8000 » depuis quelques années. Il a ainsi dévalé le Manaslu au Népal, le Broad Peak au Pakistan et le Shishapangma en Chine.

Le Polonais, également pratiquant d’un alpinisme de vitesse (« speed-climbing »), a inscrit son nom dans l’histoire de l’himalayisme en réalisant l’année dernière la première descente intégrale à ski du redoutable K2 au Pakistan.

Seuls quelques alpinistes restent désormais au camp de base de l’Everest, notamment l’ultra-trailer espagnol Kilian Jornet qui n’a pas fait part publiquement de ses projets.

Plus courantes autrefois, les expéditions d’automne de l’Everest se sont faites plus rares au fil du temps. L’enneigement y est plus important et la fenêtre météo pour monter au sommet plus réduite que lors de la haute saison de printemps.

Le Népal n’a émis que 10 permis d’ascension d’automne cette année. En comparaison, 885 personnes, un nombre record, ont atteint le toit du monde ce printemps.

L’automne permet toutefois d’éviter la foule de la haute saison sur l’Everest. Les images d’embouteillages d’alpinistes en « zone de la mort » sur sa ligne de crête ont fait le tour du monde en mai.

La saison de printemps a fait onze morts sur l’Everest en 2019. L’affluence et les encombrements en altitude extrême ont été mis en cause dans quatre de ces décès.