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Pas une panacée

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Un sophisme s’invite dans le débat public à la faveur de déclarations malheureuses du ministre de l’Environnement et du premier ministre. C’est cette affirmation selon laquelle « ça prend des routes pour faire passer les véhicules électriques ». Ça justifierait la construction d’un pont entre Québec et Lévis.

Leurs conseillers devaient se trouver très intelligents quand ils leur ont soufflé cette ligne. Le propriétaire de véhicule électrique (VE) que je suis comprend néanmoins que ça demeure une idée profondément ridicule.

Rien pour l’environnement

D’abord, un VE en tant que tel, ça ne nettoie pas l’air autour. C’est juste une auto qui pollue moins qu’une voiture à essence. Il faut quand même dépenser de l’énergie, émettre du carbone et détruire des milieux naturels pour extraire le lithium destiné à sa batterie, pour construire ses composantes et pour le chausser.

Sur son cycle de vie, un VE polluera moins qu’un véhicule à essence, si tant est qu’on le charge avec une énergie propre. François Legault propose d’ailleurs d’aider les Américains à se libérer du combustible fossile. Ça, c’est bon.

De même, exploiter le lithium du Québec pour alimenter les VE, c’est une bonne idée parce que ça peut être payant, et pour réduire la pression sur le lithium africain. Reste que ce n’est absolument pas quelque chose qui va aider l’environnement.

Moins d’autos

Ça ne prend pas « plus de véhicules électriques », comme l’affirme François Legault. Ce qu’il faut, c’est qu’une plus grande partie des véhicules roulent à l’électricité, mais qu’il y en ait moins dans l’ensemble; qu’on soit plus nombreux à covoiturer; qu’on n’ait pas deux autos par ménage; qu’on ne s’en serve pas pour tous nos déplacements; qu’on ne la change pas tous les cinq ans.

Un VE, ça prend autant de place dans le trafic qu’un véhicule à essence et ça finit dans une « cour à scrap » aussi. Les membres du gouvernement devraient le savoir avant de répéter de telles inepties.