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Panne informatique majeure dans cinq hôpitaux de Montréal

Les urgences ont été fermées et les rendez-vous médicaux ont été annulés

Ewa Sidorowicz
Photo Jonathan Tremblay La Dre Ewa Sidorowicz, directrice des services professionnels du CUSM, a expliqué la situation aux médias, lundi, en après-midi.

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La pire panne informatique de l’histoire du CUSM a forcé lundi la fermeture des salles d’urgence et l’annulation des rendez-vous médicaux.

Les quatre salles d’urgence des hôpitaux affiliés au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) ont dû être fermées dès 11 h 30. Tous les rendez-vous médicaux ont été annulés et des chirurgies ont aussi été reportées.

« Tout nécessite un ordinateur. Quand ça ne marche pas, on essaie d’éliminer la pression sur le système. C’est plus sécuritaire pour les patients d’annuler les rendez-vous que d’essayer de tout faire manuellement », dit Gilda Salomone, porte-parole du CUSM. 

Les établissements touchés

  • Hôpital de Montréal pour enfants 
  • Hôpital général de Montréal 
  • Hôpital Royal Victoria (site Glen) 
  • Hôpital de Lachine 
  • Institut neurologique de Montréal

Le nombre de rendez-vous et d’opérations annulés n’était pas connu. Lundi, la directrice des services professionnels du CUSM, la Dre Ewa Sidorowicz, a évoqué une panne informatique d’une ampleur sans précédent. « C’est une première aujourd’hui [lundi]. »

Par ailleurs, « rien n’indique qu’il s’agisse d’une attaque informatique », écrit le CUSM. Or, Ewa Sidorowicz a dit que des vérifications sur une telle hypothèse seront effectuées. 

« Ça ne semble pas être un hack [piratage], mais évidemment on n’a pas toutes les informations présentement », a-t-elle dit.  

Selon des experts consultés par Le Journal, une cyberattaque est plausible (notamment le rançongiciel). 

Pas de plan B

« Le cœur d’un hôpital, c’est l’informatique. S’ils se font fait pirater les systèmes médicaux, les moniteurs cardiaques, ils jouent avec la vie des gens », dit anonymement un expert en sécurité informatique qui connaît bien le réseau de la santé. 

Selon Steve Waterhouse, un spécialiste en cybersécurité, le CUSM a été contraint de fermer ses appareils parce qu’il a négligé le système secondaire de sauvegarde (redondance).

Lundi après-midi, les systèmes sont revenus graduellement en fonction et les hôpitaux devraient fonctionner normalement mardi. Il y a un mois, Le Journal révélait que le réseau de la santé du Québec était vulnérable et à risque de subir des attaques informatiques

Réseau vulnérable 

Appareils médicaux, systèmes de prise de rendez-vous, horaires de chirurgies : les cyberattaques peuvent mettre en péril le fonctionnement de l’hôpital. En fait, un malfaiteur pourrait accéder aux dossiers médicaux des patients et revendre ces informations sur le marché noir. 

« Ils [les hôpitaux] essaient de se défendre avec les moyens d’il y a 30 ans contre des technologies d’aujourd’hui », déplore une source. 

Pour pallier la fermeture de l’hôpital de Montréal pour enfants, l’hôpital Sainte-Justine avait déclenché un plan de « contingence » et était en mesure de fournir à la demande, lundi. 

– Avec Jonathan Tremblay

► En juin 2018, une panne informatique au CUSM avait forcé l’annulation de rendez-vous médicaux et la fermeture partielle des urgences.