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Revirement dramatique dans la série Netflix de Trudeau

Revirement dramatique dans la série Netflix de Trudeau
Photo d'archives, Martin Alarie

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On jurerait qu’on est dans une série Netflix !

Après des années à ânonner qu’il ne faut pas forcer les méchants géants du web à percevoir les taxes de vente « pour ne pas alourdir le fardeau fiscal des Canadiens » ; après des années à rejeter toute proposition raisonnable d’imposer le chiffre d’affaires que les géants du web génèrent dans tout le Dominion, les libéraux de Justin Trudeau changent d’idées.

C’est écrit en page 85 de leur plateforme dévoilée hier : dans le prochain mandat, ils feront l’un et l’autre.

Les cyclopes !

Rebondissement inattendu ! Virage à 180 degrés. Comme si un Ulysse, après avoir fait mine d’amadouer le cyclope, promettait, en fin d’épisode, qu’il allait lui crever son unique œil !

J’y pense : ce pourrait être le dénouement heureux d’une saga qui s’intitulerait « Les cyclopes numériques au Dominion ».

Non ! Plutôt une manière de nous hameçonner, nous téléspectateurs, à la fin d’un épisode, par un effet dramatique.

Nous sommes tenus en haleine, ça, c’est certain. Allons-nous être déçus ou satisfaits de la suite ?

Joly sacrifiée

Il y a quelques épisodes, on s’est ému de voir un personnage de la Maison libérale, la ministre Mélanie Joly, être cruellement sacrifié.

Ministre du Patrimoine à l’époque, la pauvre a été envoyée au front afin de faire ce que l’intrigant Bill Morneau lui demandait : défendre les cyclopes : « Taxer Netflix équivaut à taxer le citoyen », répétait Joly. Il faut dire qu’elle y avait mis du cœur...

En chambre, pourtant, elle-même et le gouvernement Trudeau ne bronchèrent pas devant les assauts des preux chevaliers Monique Pauzé, du Bloc et Pierre Nantel, du NPD (depuis, il a intégré la Maison verte), qui bombardaient le gouvernement de questions sur la nécessité d’ajuster la fiscalité pour ne pas que les cyclopes s’en tirent !

Conservateurs isolés

Les libéraux manquent de crédibilité en ces matières, c’est certain. Mais le débat a évolué rapidement ces derniers mois.

D’entreprises fascinantes, les géants du web, même s’ils rendent d’importants services, sont maintenant de plus en plus perçus comme d’énormes sangsues.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Qui profitent de nos données, bouleversent nos équilibres démocratiques. Déjà obèses, ils prennent constamment du poids, grâce à l’injustice fiscale hypermoderne. Ils sont en passe de devenir des monopoles sans foi ni loi.

Nos États ne peuvent rester indifférents face à cela.

Comme la libérale québécoise Isabelle Melançon me le rappelait hier, pour la taxation, le gouvernement Couillard a osé aller de l’avant. La France et la Norvège avaient montré la voie. Et n’ont pas attendu les autres pays industrialisés avant de prélever un 3 % sur les recettes des GAFA, formule qui fit consensus parmi les participants à la Commission sur l’avenir des médias.

Les libéraux d’Ottawa se rallient à une option raisonnable.

Avec cette promesse des rouges, deux « personnages » clés se retrouvent soudainement isolés : le gouvernement Legault à Québec, qui répètent qu’on doit attendre l’OCDE avant d’agir sur l’imposition.

Et sur la scène fédérale, les conservateurs d’Andrew Scheer, encore du côté des cyclopes...