/sports/others
Navigation

[PHOTOS] Raptors à Québec: un respect difficile à gagner pour les champions

Malgré un titre de championnat acquis en juin, plusieurs experts doutent encore de Toronto cette saison

À 6 pi 9 po et 230 lb, le Camerounais Pascal Siakam est immanquable sur un terrain de basketball. Il se dit prêt à se retrouver sous les projecteurs, cette saison.
Photo Stevens Leblanc À 6 pi 9 po et 230 lb, le Camerounais Pascal Siakam est immanquable sur un terrain de basketball. Il se dit prêt à se retrouver sous les projecteurs, cette saison.

Coup d'oeil sur cet article

Les Raptors de Toronto ont écrit une page d’histoire en juin dernier en devenant la première équipe de la NBA provenant de l’extérieur des États-Unis à remporter le titre éliminatoire. Malgré l’exploit, le respect à leur égard semble encore loin d’être acquis alors que d’aucuns croient qu’ils lutteront pour une place en séries.  

Il faut dire que les départs des joueurs étoiles Kawhi Leonard et Danny Green sous d’autres cieux n’ont fait qu’alimenter ce sentiment de méfiance à l’égard du club qui a fait vibrer le pays tout entier au printemps.  

Pour d’autres, sans dire que les Raptors repartiront à la chasse au trophée Larry O’Brien, ils offriront tout de même un spectacle relevé pendant le calendrier 2019-2020. Les experts du réseau américain ESPN placent d’ailleurs la bande de Nick Nurse au sixième rang dans la Conférence de l’Est.  

Pour l’ailier Pascal Siakam, véritable révélation l’année dernière qui lui a valu le titre de joueur le plus amélioré à travers le circuit, c’est du déjà-vu. À l’aube de la quatrième campagne du Camerounais dans le maillot torontois, ses coéquipiers et lui commencent à s’habituer à ce rôle de négligés.  

«Nous sommes habitués. Quand tu joues pour les Raptors, tu es habitué à ça. On ne focalise pas là-dessus, on essaie de travailler sur nous et si les gens ne pensent pas qu’on peut faire beaucoup de choses cette année, on va juste leur montrer, et le fait d’avoir gagné, c’est un avantage pour nous », a répondu le géant de 6 pi 9 po en français aux médias québécois à l’issue de la deuxième journée du camp d’entraînement au PEPS de l’Université Laval.  

À 6 pi 9 po et 230 lb, le Camerounais Pascal Siakam est immanquable sur un terrain de basketball. Il se dit prêt à se retrouver sous les projecteurs, cette saison.
Photo Stevens Leblanc

Nurse tranchant  

Chris Boucher, qui tente d’obtenir un poste régulier à ce camp de cinq jours en sol québécois, a partagé un discours semblable à ce sujet.  

«L’an passé, on était sous-estimés avec Kawhi, alors sans lui, le doute est encore plus grand, mais on a des gars qui nous ont aidés à gagner le championnat et qui sont encore là. On a de l’expérience en finale de la NBA, c’est la plus grosse qualité qu’on a. On va quand même aller en séries, je le sais, il faut juste travailler fort», a analysé le Montréalais de 26 ans.  

Si Siakam et Boucher sont demeurés plus posés dans leur réponse respective, Nurse n’est pas passé par quatre chemins. Après tout, à quoi bon se préoccuper de ce que dit la planète tout entière avant même qu’un panier n’ait été réussi?  

À 6 pi 9 po et 230 lb, le Camerounais Pascal Siakam est immanquable sur un terrain de basketball. Il se dit prêt à se retrouver sous les projecteurs, cette saison.
Photo Stevens Leblanc

«Honnêtement, je m’en fous un peu. Je ne crois pas que les gens pensaient que nous allions gagner. Je pense qu’ils ont toujours douté et c’est correct comme ça. On veut juste travailler fort avec ce groupe pour qu’il joue du basketball extraordinaire.  

«Je crois qu’on joue un bon style, un style agressif, on bouge bien la balle, on développe des joueurs. On a fait beaucoup et on l’a démontré l’an passé, et ç’a payé cher», a souligné l’entraîneur-chef qui en est à sa deuxième saison aux commandes des Torontois.  

Siakam veut rester  

Par ailleurs, Siakam, qui a marqué en moyenne 16,9 points la saison dernière, a dit ne se soucier guère du jeu de coulisses qui se trame entre son clan et celui de son employeur.  

La nouvelle coqueluche des Raptors écoulera cette saison la dernière année de son contrat de recrue et il pourrait avoir droit à une prolongation maximale de cinq ans lui rapportant 170 millions $, selon TSN. Les deux parties ont jusqu’au 21 octobre pour s’entendre, sans quoi l’athlète de 25 ans deviendra joueur autonome avec restriction à la fin de la campagne.  

«Je laisse tout ça à mes représentants et à l’équipe de gérer ça. Je me concentre sur le basket. J’adore Toronto et j’espère bien rester. Pour le reste, on verra.»  

«Agréable et spécial» – Charles Dubé-Brais  

Le Québécois Charles Dubé-Brais, adjoint avec le club-école des Raptors, carbure plus que jamais à sa passion en cette semaine toute particulière pour lui dans sa ville natale. 
Photo Stevens LeBlanc
Le Québécois Charles Dubé-Brais, adjoint avec le club-école des Raptors, carbure plus que jamais à sa passion en cette semaine toute particulière pour lui dans sa ville natale. 

L’adjoint du club-école des Raptors a grandi à deux pas de l’Université Laval À sa deuxième saison dans l’organisation des Raptors, Charles Dubé-Brais ne pouvait espérer mieux que de vivre ce camp d’entraînement entre les murs de son alma mater.  

Le Québécois, membre du personnel d’entraîneurs du club-école des Raptors 905, qui évolue à Mississauga, en banlieue de Toronto, a obtenu le privilège d’accompagner les champions puisqu’il a grandi à deux pas du PEPS de l’Université Laval dans le quartier Sillery. Son patron au quotidien, Jama Mahlalela, est également du voyage.  

«Ce n’est pas quelque chose que je pensais qui arriverait un jour, d’abord d’être champion de la NBA, puis de venir à Québec tout de suite après avoir remporté un championnat. C’est vraiment agréable et spécial pour moi», a confié l’homme de basketball aux médias francophones.  

«Ce n’est même pas tout le monde à la base qui sait que je viens d’ici ! Il y en a qui ne réalisaient pas non plus à quel point c’était chez moi aussi. De savoir que tu es un Québécois, c’est une chose, mais de dire que tu es allé à l’Université Laval et que tu as grandi à 5 km d’ici, c’est une chose différente», a renchéri ce diplômé en intervention sportive de l’institution.  

Appelé à conseiller ses homologues torontois pendant la finale contre les Warriors de Golden State, Dubé-Brais a été traité en roi à la suite du sacre historique. Il a participé à la parade dans les rues de la Ville Reine avec les joueurs et il aura droit à la fameuse bague de champion. De quoi faire rêver. «Je n’ai pas à me plaindre sur mon traitement par rapport aux célébrations!» a-t-il lancé en riant.  

La NBA, une classe à part  

Dubé-Brais, qui s’était notamment fait connaître à ses débuts dans le sport à la barre des défunts Kebs de Québec, apprécie chaque moment depuis le début de la semaine qu’il passe sur le terrain, en compagnie des plus grandes vedettes des Raptors, en s’impliquant dans les différents exercices.  

«Ce n’est pas le même niveau de jeu. On est content de voir Chris Boucher et des joueurs comme ça qu’on a coachés par le passé, mais de pouvoir interagir avec Kyle Lowry, Marc Gasol et Serge Ibaka, c’est vraiment une chose au-dessus. Tu es vraiment avec les meilleurs au monde et c’est une belle opportunité pour moi», a avoué celui qui avait œuvré pendant trois ans (2015 à 2017) avec le programme estival des Spurs de San Antonio à ses premiers pas avec une équipe du prestigieux circuit.  

L’instructeur a été catégorique au sujet du Montréalais Chris Boucher, nommé joueur par excellence dans la G-League l’année dernière. Sa place est avec les meilleurs, et nulle part ailleurs.  

«On n’espère pas revoir Boucher du tout. La carrière de Chris doit être en NBA. Il a fait ce qu’il avait à faire avec les 905 en gagnant le titre de joueur le plus utile. La prochaine étape, c’est de s’imposer et de se trouver un vrai rôle. C’est le fun de pouvoir voir son évolution.»  

But personnel  

Et personnellement, quelle est la prochaine étape? «J’aimerais être assistant dans la NBA, mais ça passera peut-être par un poste d’entraîneur-chef dans la G-League. Moi, je n’ai pas de limites. Les limites vont s’imposer par elles-mêmes.»  

Une ceinture attrayante  

À 6 pi 9 po et 230 lb, le Camerounais Pascal Siakam est immanquable sur un terrain de basketball. Il se dit prêt à se retrouver sous les projecteurs, cette saison.
Photo Stevens LeBlanc

Depuis l’ouverture du camp, dimanche, les joueurs des Raptors se pavanent avec des ceintures issues du monde de la lutte lors de la portion ouverte aux médias. L’une d’elles a été conçue spécialement par l’ancien champion de la WWE, Triple H (de son vrai nom Paul Michael Levesque), pour souligner leur championnat des séries. Il fait de même avec les autres clubs champions des autres grandes ligues de sport professionnel. Lundi, c’est le meneur Fred VanVleet qui trimballait la ceinture du championnat de lutte sur son épaule.  

«C’est une façon de reconnaître ce qu’ils accomplissent, spécialement les aspects défensifs. Freddie l’a obtenue aujourd’hui pour ses déviations et il a établi un nouveau record du monde pour notre épreuve de tirs de trois points sur huit essais, et il a réussi les huit, ce qui ne s’était jamais fait auparavant. Oui, du monde», a expliqué l’entraîneur-chef Nick Nurse, faisant éclater de rire son auditoire.  

Le français à l’honneur  

Les Raptors ont fait un clin d’œil à leur terre d’accueil de la semaine en diffusant une capsule sur leurs réseaux sociaux dans laquelle les joueurs tentent de traduire en anglais une expression française qui leur a été soufflée.  

Si le résultat est concluant pour Chris Boucher, Pascal Siakam et Serge Ibaka, qui parlent la langue de Molière en raison de leurs origines, leurs coéquipiers qui se sont prêtés au jeu auront encore besoin de leçons.  

Un morceau de robot pour l’effort. Et à l’intérieur du gymnase, deux bannières sur lesquelles il était écrit «camp d’entraînement» en grosses lettres rouges sur fond noir étaient bien en vue.  

Pascal Siakam a d’ailleurs eu droit à une belle surprise en prenant le téléphone dans sa chambre d’hôtel. «Je voulais commander de la nourriture à l’hôtel et ils m’ont parlé en français. J’étais un peu étonné et ça m’a rappelé que j’étais dans une ville francophone. Ça fait plaisir d’être ici.»  

À ne point en douter, les Raptors ont compris l’importance de ces petites attentions au Québec.