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Une fin prévisible

Trop de variables étaient hors du contrôle du club montréalais

Impact c Toronto
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin L’Impact a souffert des absences prolongées de son meilleur joueur, Ignacio Piatti.

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Pour la troisième année de suite, les joueurs de l’Impact devront regarder les séries éliminatoires de la MLS dans le confort de leur salon.

Comme il fallait s’y attendre, l’équipe a été officiellement éliminée à l’avant-dernier match de la saison, dimanche.

Il y avait tout simplement trop de variables que le Bleu-blanc-noir ne contrôlait pas pour espérer une tournure positive des événements. Quand on n’est pas maître de sa destinée, l’espoir est souvent tout ce qu’il nous reste.

Les hommes de Wilmer Cabrera ont vraiment tout donné dans cette ultime tentative de garder l’espoir en vie, mais ils se sont butés à une équipe d’Atlanta très talentueuse malgré l’absence de son meilleur marqueur, Josef Martinez, blessé.

Déficit

Ce que ce match contre Atlanta a révélé, c’est que l’Impact est à la traîne des premiers de classe de la MLS.

Une phrase de Wilmer Cabrera lors de son point de presse est très révélatrice sur l’état de la situation.

« On a fait face à une très bonne équipe et, respectueusement, je dois dire qu’ils étaient plus talentueux que nous. Nous avons une équipe talentueuse, mais si je compare individuellement, à Atlanta, ils ont plus de talent que nous. »

Pourtant, selon les chiffres de l’Association des joueurs, Montréal possède la 8e masse salariale du circuit à un peu plus de 12 millions de dollars américains.

Atlanta est tout juste devant avec 12,6 M$ US engagés cette saison. Ce n’est donc pas qu’une question d’argent, c’est surtout une question de savoir comment cet argent est dépensé.

Et si l’on se fie aux résultats qui s’accumulent depuis trois ans, force est de constater que les investissements sont mal répartis.

Le nouveau directeur sportif, Olivier Renard, aura donc beaucoup de pain sur la planche pour redresser la barre. 

Résultat annoncé

L’élimination de l’Impact dimanche n’était rien d’autre qu’un résultat annoncé d’avance. Cette équipe s’est effondrée en deuxième moitié de saison. Du 2e rang dans l’Est, elle se retrouve aujourd’hui au 9e rang, à égalité avec Columbus.

Ce n’est donc pas dimanche que la qualification pour les séries a été ratée. Tout ça mijotait depuis bien trop longtemps.

L’Impact n’a remporté que quatre matchs sur 16 en seconde moitié de saison. Il s’est également incliné à deux reprises devant le FC Cincinnati, une équipe d’expansion qui occupe le dernier rang du classement général. Ce sont six points gaspillés.

Des points gaspillés, il y en a eu tout simplement trop cette saison. Et ce passage à vide qui s’est éternisé sur trois mois est, entre autres, attribuable aux joueurs.

Quoi qu’on en dise, certains d’entre eux ont levé le pied, et Rémi Garde a fini par en payer le prix. Il faut dire que le message de celui-ci ne passait tout simplement plus, selon ce qu’on a pu apprendre.

Lourde perte

En fin de compte, c’est pratiquement en début de saison que l’Impact a raté les séries, quand Ignacio Piatti s’est blessé au troisième match de la saison.

L’Argentin de 34 ans a raté 10 matchs. Il est revenu pour deux rencontres et a raté les huit suivantes.

Il est ensuite revenu, mais c’était déjà à la fin de juillet. Il a joué trois matchs, s’est encore blessé pour rater quatre autres sorties. Il a finalement disputé seulement 10 matchs jusqu’à maintenant, dont 8 comme partant.

Quand une équipe souffrant d’un manque de profondeur en attaque perd un joueur qui a marqué 16, 17 et 17 buts à ses trois saisons précédentes, on ne peut pas espérer des miracles.

En son absence, personne n’a été en mesure de reprendre le flambeau. On a également vite réalisé que malgré ce qu’on a tenté de nous faire croire, Maxi Urruti n’était pas un attaquant de pointe. Sa mince production de trois buts est assez éloquente.

Saphir Taïder a été le meilleur marqueur de l’équipe avec neuf buts, dont cinq sur des tirs de pénalité. Comme dirait François Pérusse dans une certaine pub, rien à ajouter.

Gros travail de reconstruction

Le nouveau directeur sportif de l’Impact, Olivier Renard, rencontrera les médias mardi et on peut lui dire tout de suite, son bureau croule sous les dossiers.Le Belge de 40 ans va devoir apprendre les rouages complexes de la MLS à la vitesse grand V parce qu’il disposera de peu de temps pour préparer la prochaine saison.

Renard aura donc de nombreux dossiers à traiter. Il va d’abord devoir statuer sur l’avenir de l’entraîneur Wilmer Cabrera, embauché pour finir la saison à la suite du congédiement de Rémi Garde.

Même si les joueurs semblent apprécier le Colombien, il faut se demander s’il est l’homme de la situation.

Avec des munitions limitées, il présente un dossier d’une victoire, quatre défaites et un verdict nul en MLS et d’une victoire et une défaite dans la finale du Championnat canadien, qu’il a tout de même remportée.

Renard va certainement vouloir mettre son candidat en place. Espérons seulement que l’homme qui sera choisi aura les coudées franches et qu’il aura surtout du temps pour travailler. 

Reconstruction

L’équipe a d’abord besoin d’un attaquant capable de marquer au moins une quinzaine de buts par année.

Il devra aussi décider de l’avenir d’Ignacio Piatti. À 34 ans, il a raté les deux tiers de la saison et même s’il affirme qu’il sera de retour si l’équipe active son option pour 2020, il serait surprenant qu’on lui propose le même salaire de près de 4,5 M$ US.

Et si on décide d’aller dans une autre direction, il faudra aussi sérieusement considérer l’embauche d’un milieu offensif créatif.

Renard va aussi devoir gérer le cas Ballou Tabla, théoriquement prêté par le FC Barcelone jusqu’à la fin de l’année. Le jeune Montréalais a été invisible depuis son retour et n’a pas réglé certains problèmes concernant son entourage. 

Derrière

Renard aura aussi de grosses décisions à prendre en ce qui concerne la brigade défensive.

Il devra statuer sur l’avenir des vétérans Rod Fanni et Bacary Sagna, qui pourraient grandement aider l’équipe en Ligue des champions. Il va aussi devoir gérer le dossier Rudy Camacho, un travailleur honnête à qui il reste deux ans de contrat, mais qui coûte cher à 700 000 $ par année.

Mais son dossier le plus délicat va concerner les gardiens. Avec ses brillantes performances au Championnat canadien et contre Atlanta dimanche, Clément Diop a présenté de sérieux arguments, d’autant plus qu’il est toujours sans contrat pour la saison prochaine.