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Justin Trudeau et ses 57 milliards $ en promesses

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Pour se faire réélire, Justin Trudeau sème à tout vent des promesses électorales pour une valeur de 57 milliards de dollars sur quatre ans.

Mais où prendra-t-il l’argent pour payer la facture ? Facile : il gonflera notamment les déficits budgétaires.

S’il est reporté au pouvoir le 21 octobre prochain, sachez que Justin Trudeau prévoit accumuler lors du prochain mandat quatre autres gros déficits de suite, pour une somme totale de 94 milliards de dollars.

C’est plus que lors de son premier mandat où il a accumulé 75 milliards de dollars de déficits.

Que cette autre accumulation de lourds déficits fasse éventuellement grimper d’autant la dette fédérale ne l’inquiète aucunement.

L’ampleur

À vrai dire, Justin Trudeau donne l’impression de s’en foutre carrément.

Permettez-moi de rappeler l’ampleur de la dette fédérale. Lorsqu’il a pris le pouvoir en 2015, la dette fédérale s’élevait à 616 milliards $. À la fin de l’actuel exercice financier, elle atteindra les 706 milliards $, en hausse de 90 milliards $. Et dans quatre ans, sous un « second » mandat de gouvernement Trudeau, la dette grimperait d’autant pour atteindre les 800 milliards $.

Et c’est là un minimum, car les prévisions des recettes budgétaires d’un deuxième gouvernement Trudeau m’apparaissent optimistes.

Non seulement on se base sur une solide croissance économique de 3,8 % par année, mais, en plus, il anticipe aller chercher des « nouveaux » revenus de 25,3 milliards $ au total, pour la prochaine période de quatre ans.

Les nouveaux revenus

Cela comprend sur quatre années :

  • Une révision à la baisse des dépenses fiscales de l’ordre de 10 milliards $
  • La création d’une taxe de 10 % sur les biens de luxe (tels bateaux, voitures, avions privés, dont la valeur dépasse les 100 000 $) rapporterait 2,4 milliards $
  • La lutte contre les échappatoires fiscales : 6,4 milliards $
  • Une taxe sur les propriétés inoccupées des non-résidents : 943 millions $
  • L’expansion du pipeline Trans Mountain : 1,12 milliard $
  • L’autofinancement de mesures d’assurance-emploi : près de 2 milliards $

À cela s’ajoutent les nouvelles recettes fiscales que M. Trudeau souhaite aller chercher dans les poches des géants du GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), et ce, en imposant une taxe de 3 % sur leurs recettes canadiennes.

Sur quatre ans, cette taxe de 3 % rapporterait quelque 2,53 milliards $, soit une moyenne de 632 millions $ par année.

Des cadeaux

Parmi les 48 nouvelles mesures incluses dans la plateforme électorale de Justin Trudeau, voici quelques mesures susceptibles d’être fort populaires.

Justin Trudeau veut hausser l’exemption personnelle de base de sorte que les contribuables ne paient pas d’impôt fédéral sur la première tranche de revenus de 15 000 dollars. À elle seule, cette mesure représente sur quatre ans une économie d’impôt totale de 17,3 milliards de dollars.

Les aînés de 75 ans et plus verraient leurs prestations de la Sécurité de la vieillesse augmenter de 10 %. Pour un coût additionnel de 8,8 milliards de dollars en quatre ans.

Les familles avec des enfants de moins d’un an bénéficieraient d’une aide financière supplémentaire de 4,1 milliards de dollars en quatre ans.