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Un rêve réalisé pour Marie-Ève Dicaire

La boxeuse défendra son titre pour la troisième fois, le 23 novembre prochain à Québec

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Marie-Ève Dicaire tentera de défendre son titre de championne du monde pour la troisième fois le 23 novembre, au Centre Vidéotron. Sébastien Bouchard (à droite) et Mikaël Zewski (à gauche) seront aussi de la carte.

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Après un titre de championne du monde IBF des super-mi-moyens acquis dans le tumulte, le 1er décembre dernier au Centre Vidéotron, pendant qu’Adonis Stevenson se battait pour sa vie, Marie-Ève Dicaire sera de retour à Québec, le 23 novembre prochain, pour la troisième défense de son titre de championne du monde IBF dans un combat qui lui permettra, en quelque sorte, de boucler la boucle.

Dicaire avait vaincu Chris Namus à Québec dans le combat suivant, celui lors duquel Stevenson avait été transporté d’urgence à l’hôpital en raison d’un traumatisme craniocérébral qui l’avait plongé dans un coma artificiel pendant plusieurs semaines.

Cette fois, le 23 novembre, elle sera la vedette de la soirée. Il s’agira de la première fois de l’histoire canadienne qu’une boxeuse fait les frais de la finale d’un événement de boxe d’envergure.

Quebec
Photo PIerre-Paul Poulin

Pour l’occasion, elle se mesurera à la deuxième aspirante de sa catégorie, la Vénézuélienne Ogleidis Suarez (29-3-1, 13 K.-O.).

« C’est immense. On a commencé à travailler un peu là-dessus avec mon psychologue sportif, et il m’a fait réaliser que mon rêve, quand j’ai commencé à boxer, c’était de faire la finale dans un gros amphithéâtre, et on est rendu là. Pour moi, c’est l’accomplissement d’un grand rêve de jeunesse. De le faire à Québec, c’est encore plus spécial puisque c’est ici que ma vie a un peu basculé », a mentionné la championne du monde, mardi.

Stevenson en ville

D’ailleurs, Stevenson sera présent au gala mettant en vedette Marie-Ève Dicaire, presque un an jour pour jour depuis les incidents qui ont suivi son combat face à Oleksandr Gvozdyk.

« La bouteille de champagne a été ouverte avec un peu d’amertume, a reconnu Dicaire en parlant du 1er décembre 2018. Oui, il y avait un moment joyeux dans le fait que je devenais championne du monde, mais il y avait aussi un de mes collègues qui se trouvait dans un piteux état et qui luttait pour sa vie. Quand Adonis est sorti du coma, j’ai eu la chance de le rencontrer au GP, cet été, et c’est comme si j’avais enfin pu célébrer ma victoire en sachant qu’il était correct. »

Une unification en vue

Le combat Dicaire-Suarez ne sera pas le seul choc pour un titre mondial présenté le soir du 23 novembre. En sous-carte, la Costa-Ricaine Hanna Gabriels défendra son titre WBA des super-mi-moyens pour la quatrième fois, face à une adversaire à déterminer.

Les promoteurs des deux boxeuses, Yvon Michel pour Dicaire et Lou DiBella pour Gabriels, ont convenu que si leurs protégées l’emportaient le 23 novembre, elles s’affronteraient pour l’unification de leurs titres en mars, au Centre Vidéotron.

« Si elle devait l’emporter, ça l’installerait parmi les vedettes principales de la boxe féminine à travers le monde », estime Michel, qui ne se dit pas inquiété par le fait que son gala soit tenu le même jour que le match de la Coupe Vanier, à Québec. Les billets seront en vente à partir de vendredi, 10 h.

Sébastien Bouchard est affamé

La malchance s’est acharnée sur Sébastien Bouchard depuis quelques années. Maintenant rétabli d’une blessure à une épaule qui l’a tenu à l’extérieur du ring pendant un an, le pugiliste de 32 ans se battra pour la ceinture IBF nord-américaine des mi-moyens le 23 novembre. Et il n’a pas l’intention de la laisser lui glisser entre les mains.

Quand on dit malchance, ce n’est pas peu dire. Après qu’une déchirure d’un tendon du biceps à la fin de l’année 2017 lui eut fait rater presque un an d’activité, il croyait enfin avoir une chance de se battre pour une ceinture le 1er décembre dernier, mais le retrait de son adversaire Ali Funeka en raison d’un problème de visa a de nouveau contrecarré ses plans.

Cette fois, à moins d’une autre malchance de dernière minute, Bouchard (18-1, 8 K.-O.) aura la chance de mettre la main sur une ceinture face au Montréalais Ayaz Hussain (13-1, 10 K.-O.).

« J’ai très faim, a assuré le boxeur de Baie-Saint-Paul. J’ai battu des gars avec des ceintures, mais la ceinture n’était jamais là pour moi. Pendant ce temps, je vois des gars autour de moi monter dans les classements pendant que je stagne. Là, on veut que ça déboule. J’arrive à 32 ans, et sans dire que je suis pressé, disons que la course contre la montre est entamée », estime celui qui voit Hussain comme l’un de ses plus gros tests en carrière.

« C’est un gars qui cogne extrêmement dur et je pense que ce sera dangereux d’un bord comme de l’autre. »

Zewski prêt à monter

Entre Bouchard et le combat principal, celui de Marie-Ève Dicaire, c’est Mikael Zewski (33-1, 22 K.-O.) qui en découdra, alors qu’il défendra sa ceinture de champion NABO des mi-moyens face à l’Américain Brad Solomon (28-1, 9 K.-O.).

Aspirant numéro 8 chez les mi-moyens de la NABO, Zewski croit qu’il est temps plus que jamais pour lui de finalement grimper dans l’échiquier mondial de la boxe. « Je crois que je le mérite. Le 23 novembre, ce sera Marie-Ève Dicaire et c’est très bon pour les femmes ou les petites filles qui veulent faire ce sport. C’est un sport où les femmes ont moins de chances que les hommes, et ça ouvre des portes. Je suis féministe et je pense que les femmes ont autant de place que les hommes. Par contre, le 23 novembre, je veux voler la vedette, et peut-être qu’éventuellement, ce sera Mikael Zewski en combat de championnat du monde ici, au Centre Vidéotron », lance-t-il en souriant.