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Poursuite au civil à Occupation Double

​Comme dirait Jay du Temple, ça sent la bisbille

Arrivé en plein milieu de la saison d’Occupation Double Grèce, Michael Henaf avait semé la bisbille dans les maisons.
Photo courtoisie, Occupation Double Arrivé en plein milieu de la saison d’Occupation Double Grèce, Michael Henaf avait semé la bisbille dans les maisons.

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Ils s’étaient inscrits à Occupation Double pour trouver l’amour. Mais ils pourraient plutôt se retrouver en cour. Participant-choc d’OD Grèce, Michael Henaf poursuit trois autres candidates de téléréalité et trois médias web pour atteinte à sa réputation.  

Dans une requête déposée à la cour le 25 septembre, le Français Michael Henaf poursuit conjointement Karine St-Michel (OD Bali), Alexandra Cosentino (OD Bali), Kassandra Bergeron-Thivierge (XOXO) ainsi que trois sites internet de nouvelles artistiques (Hollywood PQ, Narcity et Showbizz.net).  

Michael Henaf réclame aux six défendeurs un montant collectif de 100 000 $ pour atteinte à sa réputation, stress et autres inconvénients, dommages pécuniaires et dommages exemplaires. 

Karine St-Michel avait participé à Occupation Double Bali, à l’automne 2017.
Photo d'archives, Agence QMI
Karine St-Michel avait participé à Occupation Double Bali, à l’automne 2017.

«L’huissier est actuellement en train de signifier les requêtes aux personnes concernées. Il y en a peut-être qui ne sont pas encore au courant qu’elles sont poursuivies», a indiqué au Journal l’avocat Mathieu Laplante-Goulet, qui représente le demandeur avec Me Julius H. Grey.  

Rupture médiatisée  

Peu de temps après son passage à Occupation Double Grèce, à l’automne 2018, Michael Henaf a commencé à fréquenter Karine St-Michel, qui avait participé à Occupation Double Bali un an plus tôt. Leur brève relation, abondamment relatée sur les réseaux sociaux, avait fait les choux gras de différents sites web.  

Ce que Michael reproche maintenant dans la poursuite, c’est la façon dont la rupture du couple a été étalée publiquement par son ancienne copine et deux autres candidates de téléréalité, Alexandra Cosentino et Kassandra Bergeron-Thivierge. Le prétendu «lapin» posé par Michael à Alexandra à l’aéroport de Miami aurait aussi mis le feu aux poudres.  

«Les défenderesses ont colporté des mensonges sur le demandeur via les médias sociaux, ceux-ci ont été repris par les médias électroniques», est-il écrit dans la poursuite.  

La requête énumère aussi les nombreux articles qui auraient discrédité les agissements du Français en ne montrant qu’une version de l’histoire. «En aucun temps, les journalistes défenderesses Narcity, Hollywood PQ ou Showbizz n’ont tenté de communiquer avec le demandeur afin de vérifier les faits avant la publication, indique la poursuite. [...] Les faits allégués dans les articles de journaux sont faux et diffamatoires.»  

Michael Henaf allègue que sa réputation «s’est trouvée grandement compromise par des publications dénigrantes basées sur des fausses allégations et le comportement des défenderesses sur les médias sociaux». Il ajoute que ses relations avec ses fans se sont «grandement dégradées» et qu’il est «extrêmement stressé pour sa carrière et sa réputation».  

Le côté sombre des médias sociaux 

La poursuite de l’influenceur et ex-participant d’OD Michael Henaf démontre qu’il faut faire attention à ce que l’on dit sur les réseaux sociaux.  

«Ce qu’on écrit sur les réseaux sociaux, ça reste», fait remarquer Pierre Trudel, professeur de la Faculté de droit de l’Université de Montréal.  

Ainsi, une conversation verbale qui se retrouve devant les tribunaux sera peut-être difficile à prouver. Tandis que des propos sur les réseaux sociaux seront plus faciles à démontrer en cour. 

«Les médias sociaux, c’est visible, indique Me Mathieu Laplante-Goulet. C’est comme mettre une pancarte sur un poteau. C’est clair, publié, reporté, partagé. Ça peut avoir une influence majeure sur les gens.» 

Pierre Trudel constate que certains utilisateurs ne sont pas conscients que lorsqu’ils interagissent sur les réseaux sociaux, ils le font avec la planète au complet.  

«C’est sans précédent dans l’histoire de l’humanité le fait que chaque individu ait cette possibilité de publier un contenu et qu’il soit mis à la disposition de milliers de personnes. Les gens ne sont peut-être pas habitués à ce genre de situation là. C’est comme si, du jour au lendemain, on était passé d’une époque où l’on se promenait avec des voitures tirées par des chevaux à une période où l’on peut voyager avec des voitures qui roulent à 120 km/h, ajoute-t-il. Imaginez quelqu’un qui se retrouve dans cette situation-là du jour au lendemain.» 

Y réfléchir à deux fois 

Quel conseil donnerait-il aux gens pour éviter qu’ils se retrouvent dans l’embarras?  

«Le meilleur conseil, c’est de ne jamais écrire sur un réseau social ce qu’on ne serait pas prêt à dire en présence des personnes visées, répond le professeur. Et même si ce sont des choses qu’on aurait vraiment envie de dire aux personnes visées, il faut y réfléchir à deux fois. Il faut être conscient que les insultes, les propos qui portent atteinte à la réputation peuvent faire l’objet de poursuite.» 

Michael Henaf n’est pas le premier à se tourner vers les tribunaux pour une histoire liée aux médias sociaux.  

«Il y en a déjà beaucoup, observe Pierre Trudel. C’est fréquent que des gens poursuivent à la suite de commentaires diffusés sur les réseaux sociaux.» 

Et la tendance n’ira qu’en s’accroissant. «Étant donné que c’est un moyen de communication extrêmement efficace et facile, et que les gens écrivent parfois sous l’impulsion ou la colère, il peut y avoir des propos qui sont l’objet de poursuite», indique M. Trudel.