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L’état des routes menace la sécurité du public

La détérioration laisse présager le pire, disent des experts

Notre série « Nos routes en déroute » publiée cet été a mis en lumière l’état de dégradation du réseau routier, comme en témoigne cette photo de la route 132, près de l’entrée du village de Leclercville, dans Lotbinière.
Photo d’archives, Jean-Luc Lavallée Notre série « Nos routes en déroute » publiée cet été a mis en lumière l’état de dégradation du réseau routier, comme en témoigne cette photo de la route 132, près de l’entrée du village de Leclercville, dans Lotbinière.

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Les routes du Québec sont dans un état si lamentable que cela menace la sécurité du public, affirme l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), qui tire la sonnette d’alarme.

Le ministère des Transports (MTQ) n’est pas capable de garder le rythme tellement le réseau routier du Québec se détériore rapidement, a conclu un comité d’experts indépendant créé à la recommandation de la commission Charbonneau dans un rapport publié récemment.

L’argent consacré à de nouveaux projets d’infrastructure, additionné à la réduction des budgets du MTQ consacrés à l’entretien et à la surveillance des routes et structures ces dernières années, explique en partie ce problème, selon les experts.

Aussi, plusieurs phénomènes liés aux changements climatiques affectent durement le réseau routier québécois, rapporte le comité indépendant, qui cite les derniers épisodes d’inondations et la réduction du couvert de glace sur le fleuve Saint-Laurent.

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« La détérioration continue de nos infrastructures routières à court et moyen terme, jumelée avec les [coupes] récentes dans les budgets de surveillance des travaux et des inspections de structures au MTQ, laisse présager le pire », a dit mercredi le président de l’APIGQ, Marc-André Martin, par communiqué.

« Compte tenu des milliards investis par les Québécois et Québécoises, la situation actuelle est inacceptable. Ceux-ci sont en droit de s’attendre à ce que les routes ne se détériorent pas davantage et même plus », a-t-il ajouté.

Dégradation avancée

Une série de reportages publiée et diffusée cet été par Le Journal et TVA Nouvelles a mis en lumière l’état de dégradation avancée du réseau routier de la province.

Une augmentation du budget du ministère des Transports et l’embauche d’ingénieurs supplémentaires pour renforcer le savoir-faire de l’État sont nécessaires pour régler les problèmes du réseau routier, affirme l’APIGQ.

Le rapport du comité indépendant note que le déficit d’entretien du réseau routier ne prend pas en compte l’état des ponceaux de moins de trois mètres, ce qui est d’autant plus inquiétant, selon l’APIGQ.

Des 61 000 ponceaux qui entrent dans cette catégorie au Québec, 17 % sont en mauvais état selon le MTQ, rappelle l’Association.

« Des incidents récents associés à la défaillance de telles structures ont causé des affaissements de chaussée », a indiqué Marc-André Martin.