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Une famille moyenne montre l’ampleur de sa pollution

Elle a amassé près de 230 contenants qui ne se recyclent pas en près d’un an

227 barquettes styromousse
Photos Jonathan Tremblay Léonie Champagne, sa mère Fabienne Laquerre, son père André et sa sœur Mélodie ont pu construire une tour de plus de six pieds avec les contenants de polystyrène amassés.

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SOREL-TRACY | Une petite famille a accumulé un impressionnant total de 227 contenants de polystyrène en près d’un an pour démontrer sa production de déchets démesurée.

« Je pensais le faire pendant une semaine, ne sachant pas vraiment ce que ça allait donner », confie André Champagne, 41 ans, qui considère présenter le portrait d’une famille « moyenne », avec sa femme et ses deux enfants.

« Je suis surpris, car on fait quand même attention. Malgré tout, ça donne ça », constate-t-il, devant l’ampleur de sa récolte.

Plastique no 6

« Ça fait beaucoup. Notre planète va mal à cause de tous les détritus, vulgarise sa fille Mélodie, 9 ans. Même si on accumule [ces contenants], ça va se ramasser à la poubelle. »

L’initiative d’empiler les barquettes de styromousse est venue à l’esprit du résident de Sorel-Tracy, en Montérégie, quand il a appris que celles-ci, étampées du numéro 6, ne pouvaient pas être recyclées dans plusieurs villes du Québec.

Il a donc voulu se servir de ces irrécupérables qui posent problème afin d’illustrer la production de déchets d’un foyer. Le reste de sa famille a emboîté le pas dans sa petite folie sans hésiter.

En environ 11 mois, depuis la dernière Semaine québécoise de la réduction des déchets (SQRD), le quatuor a entassé exactement 227 barquettes de 18 formats différents, chez lui, dans son garage.

227 barquettes styromousse
Photo Jonathan Tremblay

Déjà moins, mais pas « freak »

Ils assurent aussi avoir diminué leur consommation de viande dans les dernières années, sans quoi l’amas aurait été encore plus imposant.

« Je suis outrée de tout ce qu’on peut jeter, lance sa femme Fabienne Laquerre. Mais on ne peut pas virer “freak” du jour au lendemain. »

Et pourtant, la petite famille croit déjà faire son honnête part, en ce qui a trait à la consommation responsable.

« Avant, [j’en] entendais parler, mais je ne comprenais pas vraiment ce que ça impliquait, raconte le chansonnier. Je remarque qu’il y a vraiment une volonté de la part des gens de faire la différence. »

Conscients de l’urgence

Avec sa femme, il a « tout ce qu’il faut » pour effectuer compostage et recyclage.

« Et on ferait notre épicerie en vrac, si une épicerie le permettait dans la région », poursuit le père de cette famille qui se dit consciente de l’urgence d’agir face au réchauffement climatique.

Elle a d’ailleurs pris part à la marche de vendredi dernier, tout comme des centaines de milliers de Québécois.

« On sait qu’on ne change pas le monde à quatre, relativise André Champagne. Mais c’est irréversible. Quand tu te conscientises, tu n’arrêtes plus. »


► Selon Recyc-Québec, 20 % des 22 215 tonnes de contenants no 6 ont été recyclées, en 2012 et 2013. Or, ils ne sont généralement pas triés, et font partie des rejets.