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Consommation de viande: des scientifiques appellent les maires à agir

Woman purchasing a packet of meat at the supermarket
Photo Adobe Stock

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MONTRÉAL | Dans une lettre publiée jeudi, 65 scientifiques de 11 pays différents, dont David Suzuki, appellent les maires du monde entier à face faire à la crise climatique et à améliorer la santé urbaine en réduisant la consommation de viande dans les villes.

«Les dirigeants municipaux ont un rôle crucial à jouer dans la recherche de solutions innovantes améliorant le bien-être des citoyennes et citoyens tout en contribuant à maintenir un climat et une planète sûrs pour les générations futures. Une des solutions innovantes concerne les politiques alimentaires urbaines qui offrent des options gagnant-gagnant pour améliorer la santé publique des citadin·es tout en contribuant à réduire dans une large mesure les émissions de gaz à effet de serre», peut-on lire dans la lettre.

Ses auteurs rappellent que l’empreinte carbone de l’élevage est environ 10 à 100 fois supérieure à celle des aliments végétaux. Ils mentionnent aussi que les émissions provenant du bétail représentent plus de 14 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre à travers le monde.

Ils estiment que changer les régimes alimentaires actuels par des régimes plus sains «pourraient permettre d’éviter environ 10 millions de décès par an».

«Les études démontrent qu’il n’est pas nécessaire que les humains deviennent végétariens ou végétaliens pour avoir un impact significatif sur le changement climatique et la sécurité alimentaire: une transition vers une alimentation saine à l’échelle mondiale réduirait considérablement les impacts environnementaux négatifs de la production alimentaire et serait également bénéfique pour la santé humaine», peut-on également lire.

Des politiques alimentaires ambitieuses

Les signataires mettent en avant des politiques alimentaires en milieu urbain mis en place par certains dirigeants municipaux.

Ils donnent notamment l’exemple du maire de la Ville de New York, Bill de Blasio, et le Président du Brooklyn Borough, Eric Adams, qui ont récemment annoncé que les 1700 écoles publiques de New York serviront des repas sans viande tous les lundis, ce qui touchera plus de 1,1 million d’étudiants.

À Lille, en France, deux repas sans viande ni poisson sont proposés chaque semaine dans le menu des écoles publiques. La ville, qui sert environ 14 000 repas par jour, avait déjà mis en place un menu végétarien par semaine dans ses cantines depuis 2014.

Autre exemple, au Mexique cette fois, avec le programme «Come Consciente» qui exige que toutes les écoles de l’État de Veracruz servent des repas majoritairement à base de fruits et légumes tous les lundis.

Le Sommet des maires

La lettre écrite à l’attention des maires doit être livrée à un réseau de mégapoles qui représente un quart de l’économie mondiale, dont Montréal, Toronto et Vancouver, et qui se réunira à l’occasion du Sommet mondial des maires C40 à Copenhague du 9 au 12 octobre.

À cette occasion, Greenpeace Canada demande à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, au maire de Toronto, John Tory, et au maire de Vancouver, Kennedy Stewart, «de souscrire aux recommandations de ces experts pour des villes et un monde en meilleure santé».

«Les 500 000 personnes qui se sont rassemblées à Montréal vendredi dernier sont la plus récente preuve d’une escalade de la mobilisation en faveur d’actions climatiques ambitieuses, a déclaré Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie à Montréal. Après avoir remis les clés de la ville à Greta Thunberg, nous espérons que Madame Plante mettra en place des politiques urbaines durables, ambitieuses et cohérentes.»

À Toronto, la porte-parole de la campagne Nature et alimentation chez Greenpeace Canada, Yasmeen Peer a souligné: «Cette semaine, le maire John Tory a déclaré une urgence climatique. Aujourd’hui, ces scientifiques lui donnent des conseils clés pour s’attaquer à la situation. Inclure la réduction de la viande dans le plan d’action pour le climat de la ville réduira l’empreinte carbone de Toronto et améliorera la santé de nos communautés».