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«Je suis personnellement pro-vie» -Andrew Scheer

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Après avoir esquivé à maintes reprises pendant la campagne le sujet de l’avortement, le chef conservateur Andrew Scheer a finalement réaffirmé jeudi ce qui n’était qu’un secret de polichinelle: Il est pro-vie.  

Pressé de questions avant, pendant et après le «Face-à-Face 2019» de TVA mercredi, M. Scheer a précisé pour la première fois depuis le lancement de la campagne son point de vue sur l’avortement, assurant que sa position n’avait pas changé et qu’il avait toujours été clair.  

«Je suis personnellement pro-vie», a-t-il ensuite dit, lors d'un point de presse au Nouveau-Brunswick.  

Contrairement au mouvement pro-choix, qui appuie le droit de chaque femme de prendre des décisions en ce qui concerne leur propre vie, notamment si et quand elle veut avoir des enfants, les adeptes du mouvement pro-vie défendent le droit à la vie et s’opposent farouchement au droit à l’avortement.  

Andrew Scheer a toutefois réaffirmé que si son parti prenait le pouvoir, son gouvernement ne rouvrirait pas le débat sur l’avortement. «J’ai fait un engagement que comme premier ministre, je ne vais pas ouvrir ce débat et je vais voter contre n’importe quelle mesure qui essaye de rouvrir ce débat», a-t-il soutenu.  

Mercredi soir, M. Scheer n’avait pas été si clair, esquivant les questions des journalistes tout comme celles des autres chefs.  

Son adversaire libéral le lui a d’ailleurs reproché pendant la soirée. «C’est important pour les gens de savoir, personnellement, si vous, Andrew Scheer, croyez que les femmes devraient avoir le choix», avait lancé mercredi Justin Trudeau.  

«Rien n’a changé là-dessus sous l’ancien gouvernement conservateur, rien n’a changé sous l’actuel et rien ne changerait sous un futur gouvernement conservateur», avait expliqué M. Scheer.  

Pour sa part, le chef du Nouveau Parti démocratique Jagmeet Singh s’interroge sur le courage du leader conservateur. «Il a eu la chance de le dire, mais il ne l’a pas dit. Il l’a dit maintenant après le débat. Ça montre un manque de courage», a-t-il mentionné en campagne à Toronto.  

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Justin Trudeau en a rajouté, jeudi. «Le débat qu’on est en train d’avoir, dans cette campagne, c’est parce qu’on a un chef qui refuse de répondre à une question simple : est-ce qu’il croit que les femmes ont le droit de choisir, oui ou non ?»  

Le chef conservateur a déploré l’approche des libéraux. «C’est clair que c’est une stratégie libérale historique que quand un gouvernement libéral est dans les scandales et les corruptions, il essaye de créer la peur, il essaye de diviser les Canadiens avec les fausses attaques», a-t-il dit.  

«Je m’attends que Justin Trudeau va continuer d’essayer de créer la peur et les divisions entre les Canadiens», a ajouté Andrew Scheer.  

En 2016, ce père de famille de cinq enfants et ex-président de la Chambre des communes s’était présenté à la course au leadership du Parti conservateur bien qu’étant ouvertement contre le mariage gai et l'avortement.  

En entrevue avec l’organisation pro-vie Right Now, en 2017, il avait expliqué qu’il permettrait le vote libre de ses députés conservateurs advenant le dépôt d’un projet de loi sur l’avortement. «J’ai toujours voté pour des lois pro-vie», avait-il ajouté.  

De son côté, le chef libéral s’était clairement positionné sur ce sujet en 2014. À l’époque, Justin Trudeau avait décidé que les candidats libéraux devraient tous voter dorénavant pro-choix en Chambre. La décision avait suscité de vives réactions, notamment des archevêques de Toronto et d’Ottawa. M. Trudeau, qui se considérait toujours catholique, avait dit ne pas avoir l'intention de changer d'idée, malgré les pressions de l'Église.  

Quant à Andrew Scheer, il a fait savoir le mois dernier que «ses députés ont le droit de s’exprimer sur des questions de conscience, mais un gouvernement conservateur va toujours s’assurer que ces débats ne seront pas rouverts».  

Autrement dit, les députés conservateurs auront le droit de soumettre des projets de loi sur l’avortement, mais Andrew Scheer va bloquer toute tentative pour changer la loi s’il est élu premier ministre.