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Un journaliste perd son emploi à Drummondville

Il a écrit sur les liens présumés entre un libéral et un criminel

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Un journaliste de Drummondville estime avoir été poussé à quitter son emploi parce qu’il tenait à continuer d’enquêter sur les liens présumés entre un candidat libéral et des individus criminalisés, ce que nie le propriétaire du journal L’Express.  

  • Écoutez l'entrevue de Frédéric Marcoux à QUB Radio avec Jonathan Trudeau

«Je ne veux pas parler contre mon ancien employeur, mais une chose est certaine, la tournure des événements et nos visions respectives ont fait en sorte que la situation était difficilement tolérable pour les deux parties», a indiqué hier au Journal Frédéric Marcoux.  

Le 17 septembre, le reporter publiait un premier article rapportant que le candidat libéral aux élections fédérales dans Drummond, William Morales, avait été vu en train d’enlacer Julian Andrey Mazuera, un narcotrafiquant qui avait déjà été condamné par le passé, notamment pour une affaire d’importation de 32 kg de cocaïne.  

Sujet d’intérêt  

Selon notre Bureau d’enquête, l’homme de 40 ans est encore aujourd’hui un sujet d’intérêt pour la police.  

Après quelques jours de mutisme, M. Morales s’était dissocié du criminel, disant ne pas avoir de «relation de proximité».  

Or, après les explications de M. Morales, la direction de L’Express aurait demandé au journaliste Frédéric Marcoux de cesser de creuser la relation entre les deux hommes. Quatre avis disciplinaires lui ont été décernés pour divers motifs, notamment pour « insubordination », après qu’il a voulu continuer de fouiller ce dossier.  

Pas congédié, dit L’Express  

De son côté, L’Express s’est défendu hier d’avoir congédié son journaliste, parlant plutôt d’une «quittance» d’un commun accord à cause de divergences d’opinions sur la couverture.  

«On avait fait le tour du sujet, mais s’il s’était présenté d’autres choses, on ferait les suivis appropriés», a soutenu Dave Beaunoyer, président et éditeur, qui assure ne pas avoir subi de pression ou de menaces.    

  •  ÉCOUTEZ l'entrevue de Dave Beaunoyer à QUB Radio:   

Contactée hier, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec a dit prendre la situation «très au sérieux», mais elle n’était pas en mesure de commenter puisqu’elle n’avait pas l’ensemble des faits à sa disposition.  

«La liberté de presse est primordiale à nos yeux, le Parti libéral n’a jamais eu de contact avec le journal à cet effet», a indiqué Pierre-Olivier Herbert, porte-parole du Parti libéral du Canada.