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Ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle

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À mi-parcours de la campagne électorale, force est de constater que la culture n’est absolument pas sur l’écran radar de nos partis politiques et de ceux qui tentent de se faire élire.

Silence radio.

Pourtant, l’industrie culturelle québécoise et canadienne, reconnue internationalement est un moteur important de la vitalité économique de notre société. Selon une étude de KPMG rendue publique en 2018, 17 grands événements culturels canadiens génèrent annuellement des retombées économiques dépassant les 290 millions de dollars, en plus de créer quelque 4 600 emplois. Rapportant annuellement 66,6 M$ en revenus fiscaux,ces événements représentent assurément un investissement rentable pour nos gouvernements. Selon cette même étude, le gouvernement du Canada récupérerait 1,78 fois sa mise.

Malgré ces excellentes retombées, notre industrie fait face à des défis majeurs de financement. Pour pouvoir être en mesure d’investir dans notre croissance, nous avons besoin de stabilité et de prévisibilité. Il est inconcevable que jusqu’à présent, il n’y ait eu aucun engagement des partis sur la pérennité et la croissance du financement des festivals, qui pourtant, sont essentiels dans notre écosystème culturel et économique. À l’heure où les deux principaux programmes de Patrimoine Canada prendront fin l’anprochain, il y a urgence d’agir!

Depuis longtemps, le Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI) et Festivals et Événements majeurs Canada (FAME) réclament que le plafond du programme du Fonds du Canada pour la présentation des arts soit bonifié de 500 000 $à 1,5 M$. Jusqu’à maintenant, aucun engagement à ce sujet. Alors que le financementdes festivals et des événements est plafonné depuis des lunes, nous devons accomplir toujours plus avec beaucoup moins. Jusqu’où devrons-nous étirer l’élastique?

Pas d’engagement non plus pour assurer plus d’équité entre les événements des différentes régions, entre lesquelles il existe depuis de nombreuses années de grandes disparités en ce qui concerne l’enveloppe budgétaire leur étant destinée. À titre d’exemple, le cumul des sommes obtenues par le ComediHa! Fest-Québec en 19 ans est inférieur à ce que Juste pour Rire Montréal reçoit chaque année. Comprenons-nous bien ici, il ne s’agit pas de diminuer l’aide apportée aux autres événements. Il s’agit d’équité. Nous souhaitons seulement recevoir notre juste part.

Bien que cette année un effort financier ponctuel a été fait par le gouvernement canadien à l’occasion du 20e anniversaire du ComediHa! Fest-Québec, rien n’est acquis. Nous devons déjà repartir à zéro pour obtenir notre financement pour l’an prochain.

Dans un contexte mondial où l’industrie culturelle québécoise et canadienne est fragilisée, des investissements conséquents devraient faire partie des priorités du gouvernement.

Nous ne demandons pas la charité. Nous souhaitons simplement, comme d’autres acteurs majeurs de l’économie, avoir accès aux leviers nécessaires à notre plein développement.

Que devons-nous faire pour être entendus?