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Coût du grand parc de l’ouest: un flou stratégique

Coût du grand parc de l’ouest: un flou stratégique
Photo d'archives, Agence QMI

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MONTRÉAL | Si la mairesse de Montréal Valérie Plante n'est pas en mesure de chiffrer la facture d'un éventuel grand parc de l'ouest, c'est probablement pour ne pas nuire aux négociations avec les promoteurs qui détiennent des terrains nécessaires au projet, selon un expert.

L’été dernier, en annonçant la création du plus grand parc municipal au Canada, la mairesse ne s’était pas avancée sur les coûts de celui-ci. Un budget initial de 125 millions $ a ensuite été évoqué.

L'objectif numéro un est de consolider le territoire qu'occupera ce parc dans l'ouest de l'île, ce qui nécessitera l'acquisition de terrains. La Ville devra négocier avec les promoteurs du projet immobilier Cap-Nature, qui se voient freinés par le projet de parc, et qui poursuivent actuellement la Ville pour plus de 178 millions $.

«Il faut savoir que le parc va évoluer, a souligné Mme Plante à la fin du mois de septembre. Donc, c’est difficile pour moi, à ce moment-ci, de dire combien ça va coûter.»

Coût du grand parc de l’ouest: un flou stratégique
Photo COURTOISIE/CAP-NATURE DE PIERREFONDS-OUEST

Nuire aux négociations

Dans ce contexte, la Ville n’a pas intérêt à dévoiler le coût anticipé du projet, pour ne pas nuire aux négociations pour l’acquisition de terrains, explique Jean-Philippe Meloche, professeur spécialisé en économie urbaine à l’Université de Montréal.

Comme le souligne M. Meloche, communiquer un budget publiquement pourrait influencer les montants réclamés par les promoteurs. «Donc, la Ville n’a pas intérêt à dire: "nous avons mis de côté X millions de dollars", pour envoyer ça dans les poches des promoteurs. Ça ne serait pas une bonne stratégie de négociation.»

Même si le projet peut évoluer, l'administration municipale détient probablement une estimation des dépenses, croit M. Meloche. Selon lui, il pourrait être difficile pour la Ville de se payer le parc initialement envisagé.

D'après le conseiller indépendant Marvin Rotrand, les 125 millions $ évoqués ne sont qu’une fraction du coût des terrains et d’éventuelles poursuites. La facture finale pourrait frôler le milliard de dollars, soutient l’élu, qui est pour sa part en faveur d’un parc géré par Parcs Canada.

Ottawa a déjà annoncé qu'il investira 50 millions $. La mairesse a mentionné qu'elle souhaite aller chercher du financement additionnel.