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Délicat équilibre libéral

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Il semble que l’équipe Scheer ait ignoré les voyants rouges qui pétaradaient pourtant sous ses yeux.

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Justin Trudeau est sorti moins amoché du premier débat des chefs que le conservateur Andrew Scheer. Le chef libéral doit secrètement espérer que son principal adversaire se ressaisisse... mais pas trop.

Pour gagner des sièges au Québec, les libéraux doivent profiter d’une division du vote nationaliste à l’extérieur des grands centres, entre bloquistes et conservateurs.

Il est encore trop tôt pour connaître l’impact sur les intentions de vote au Québec de la performance très moyenne au débat de M. Scheer. Mais une baisse significative du vote conservateur ici, au profit du Bloc, compliquerait la tâche aux libéraux.

Bloquistes et conservateurs sont actuellement au coude-à-coude au Québec, oscillant autour de 22 %.

Craintes

Les stratèges libéraux redoutent une montée du Bloc au-dessus de la barre des 23 %. Un tel score est susceptible de conférer à la formation indépendantiste des gains appréciables dans certaines régions.

Justin Trudeau n’a pas ménagé ses attaques envers Yves-François Blanchet lors du face-à-face présenté à TVA. Le chef libéral a abondamment remis en question la pertinence du Bloc à Ottawa.

À première vue, M. Blanchet s’est plutôt bien défendu, rappelant des gains réalisés par le passé, comme la reconnaissance de la nation québécoise. Yves-François Blanchet a insisté sur le fait que ces avancées sont survenues sous le gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Harper.

Ce n’est pas un hasard. Le Bloc souhaite l’élection d’un gouvernement minoritaire, un scénario très probable selon les sondages actuels. En même temps, il ne semble pas souffler sur cette campagne un important vent de changement, alors que les deux meneurs, libéraux et conservateurs, sont à égalité et font du surplace.

Abcès

Ce qui nous ramène au débat. Comment se fait-il qu’Andrew Scheer se soit fait prendre de court à ce point par les attaques de ses adversaires concernant sa position sur l’avortement ? Une semaine avant le début de la campagne, les conservateurs ont glissé de 4 points de pourcentage en quelques jours au Québec lorsque cet enjeu a refait surface.

Il semble que l’équipe Scheer ait ignoré les voyants rouges qui pétaradaient pourtant sous ses yeux. Sur la défensive dès le début du débat, M. Scheer a eu de la difficulté à se présenter en bon gestionnaire de l’État face à un Justin Trudeau dépensier.

M. Scheer a finalement crevé l’abcès, jeudi, en réaffirmant qu’il est pro-vie. Pourquoi ne pas l’avoir fait avant que cela lui explose en plein visage au pire moment ?