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Ugo Fredette avait raconté une histoire plus détaillée à sa mère

L’homme accusé de deux meurtres a été cuisiné par le procureur de la Couronne

Ugo Fredette avait raconté une histoire plus détaillée à sa mère
Illustration Delf Berg

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Ugo Fredette a répété ad nauseam au jury qu’il ne se souvenait pas de l’empoignade ayant mené à la mort de sa conjointe, à l’exception d’un flash. Il avait pourtant donné des détails bien précis à sa mère, une semaine après le drame.

C’est ce qu’a démontré la Couronne, vendredi, lors du contre-interrogatoire de Fredette, au palais de justice de Saint-Jérôme.

L’homme de 43 ans en était à sa deuxième journée à la barre des témoins, devant une salle comble.

Il est accusé des meurtres prémédités de sa conjointe Véronique Barbe et d’Yvon Lacasse, un aîné dont il a pris le véhicule pour fuir avec un enfant.

Vendredi, le procureur de la Couronne a cuisiné Fredette pendant des heures.

Lorsqu’il a été interrogé par son propre avocat, mercredi, l’accusé a affirmé avoir tué Mme Barbe lors d’une chicane houleuse, survenue le 14 septembre 2017, après que celle-ci l’avait attaqué avec un couteau dans la cuisine.

Fredette a répété ne pas se souvenir des gestes qu’il a posés à l’endroit de sa conjointe le jour du drame, à l’exception d’un coup de couteau au bras gauche, donné sur le balcon de la résidence de Saint-Eustache.

Selon le rapport du pathologiste, Mme Barbe n’avait aucune blessure à cet endroit.

« Après, c’est un flash, je vois Véronique couchée sur le dos dans la cuisine, avec un couteau dans la poitrine, et il y a plein de sang », a relaté l’accusé.

Pressé de questions par Me Steve Baribeau, Fredette a maintenu cette version vendredi jusqu’à ce que le procureur lui fasse écouter l’enregistrement d’un appel entre sa mère et lui.

« Comme un film d’action »

Une semaine après le drame, pendant qu’il était hospitalisé à Ottawa à la suite d’une tentative de suicide, l’accusé a dit à sa mère que sa conjointe l’a menacé avec un couteau qui se trouvait à l’extérieur, sur une table de pique-nique.

« C’est comme un film d’action. J’ai comme voulu l’en empêcher [de me poignarder] pis ça s’est reviré contre elle, pis la lame a comme coupé. On est rentrés en dedans et c’est là que ça s’est engagé pour de vrai, fac ç’a pas été long », a répondu Fredette aux questions de sa mère.

Pour justifier cette contradiction, vendredi, Fredette a évoqué « une déduction », ajoutant qu’il était mélangé, car il venait de sortir du coma.

« Un cauchemar »

Quant à la mort de M. Lacasse, il a juré ne pas l’avoir tué dans le but de lui voler son véhicule.

« Jamais. C’est un cauchemar pour moi, je le vis encore aujourd’hui. Je suis désolé pour les familles des victimes », a-t-il laissé tomber, suscitant des réactions de proches présents dans la salle.

La défense tente de convaincre le jury de condamner l’accusé pour deux homicides involontaires, arguant que celui-ci n’avait pas l’intention de tuer qui que ce soit.

Pour la Couronne, il s’agit plutôt de deux meurtres prémédités, car Fredette n’acceptait pas la rupture.


♦ Le procès présidé par la juge Myriam Lachance se poursuivra la semaine prochaine.